ISRAEL / TERRITOIRES PALESTINIENS

Palestinien tué: Jérusalem renoue avec la violence

De violents heurts ont opposé Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes, hier, mercredi 2 juillet, à Jérusalem.
De violents heurts ont opposé Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes, hier, mercredi 2 juillet, à Jérusalem. REUTERS/Ammar Awad
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Hier, mercredi 2 juillet, Jérusalem a été le théâtre d’affrontements entre de jeunes Palestiniens et la police. Le Croissant-Rouge a dénombré une soixantaine de blessés. L’affaire qui a embrasé la ville « trois fois sainte », - la mort d’un adolescent palestinien, tué peut-être en représailles à l'assassinat de trois jeunes Israéliens -, n’a toujours pas été élucidée.

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Avec notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon

A l’heure qu’il est, les enquêteurs n’excluent aucune piste : un acte de vengeance commis par des extrémistes juifs (à la suite du meurtre des trois adolescents israéliens) ou un acte commis par un Palestinien ?

La famille, elle, est persuadée que Mohamed a été kidnappé et tué par des colons juifs, elle affirme que d’autres tentatives d’enlèvements avaient eu lieu dans le quartier ces derniers jours.

En tout cas, cette affaire a provoqué une vague de violence qu’on n’avait pas vue depuis très longtemps à Jérusalem, notamment à Shuafat, dans un quartier palestinien traversé par le tramway qui mène directement au centre-ville. Selon le Croissant-Rouge, 65 Palestiniens ont été blessés dans des affrontements avec les forces israéliennes. Et à Gaza, une manifestation à l’appel du Hamas a réuni 3 000 personnes.

Des roquettes sont encore parties du territoire palestinien, dont une a atterri sur un immeuble de la ville de Sderot, dans le sud d’Israël. Il y a eu quelques dégâts, mais pas de victimes. L’armée israélienne, elle, a répliqué en bombardant une quinzaine de sites.

« Ils ont incité la population à la vengeance »

Les députés arabes israéliens condamnent unanimement le meurtre du jeune Palestinien. Ils tiennent le gouvernement Netanyahu pour responsable. Basel Ghatass, député arabe du parti Balad s’insurge : « Ce qui s’est passé, l’enlèvement d’un garçon, son meurtre brutal, et son corps brulé, ce n’est pas croyable ! Nous tenons le gouvernement israélien pour responsable, le Premier ministre Benyamin Netanyahu en particulier. Car ils ont incité la population à la vengeance. Tout l’establishment israélien n’arrête pas de parler à la télé, de la manière dont on doit se venger, frapper le Hamas, punir les Palestiniens. Et les colons radicaux d’extrême droite se sont dit qu’ils avaient le feu vert du gouvernement israélien pour passer à l’acte : enlever des civils [palestiniens] et les tuer. »

Ce jeudi matin, la situation était calme à Jérusalem, mais l'enterrement du jeune Palestinien pourrait entraîner de nouvelles violences.

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