Israël / Territoires palestiniens

Israël déterminé à continuer son offensive sur la bande de Gaza

Certains Israéliens se rassemblent pour soutenir Benyamin Netanyahu, à Tel Aviv le 21 juillet 2014.
Certains Israéliens se rassemblent pour soutenir Benyamin Netanyahu, à Tel Aviv le 21 juillet 2014. REUTERS/Daniel Bar-On

Le gouvernement de Benyamin Netanyahu semble déterminé à continuer son offensive sur la bande de Gaza jusqu'à ce que tous les tunnels utilisés par le Hamas soient détruits. Le bilan, après deux semaines de bombardements, est de plus de 620 morts, selon les secours palestiniens. Vingt-sept soldats et deux civils israéliens ont également été tués.

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Pour Israël, c’est le plus lourd bilan depuis la guerre au Sud-Liban contre le Hezbollah, il y a huit ans : vingt-huit soldats ont été tués. Deux fois plus que lors de l’opération « Plomb durci » à Gaza en 2008-2009.

Un soldat israélien est porté disparu. Il aurait été tué, selon l’armée. Le Hamas avait déclaré l’avoir enlevé. Le doute sur le fait que le mouvement islamiste ait ou non récupéré le corps reste un moyen de pression qu’il peut exercer sur Israël. L’enlèvement du soldat Gilad Shalit en 2006, libéré cinq ans plus tard en échange de plus de 1 000 prisonniers palestiniens, est dans les mémoires. L'une des revendications du Hamas est justement la libération de certains de ces prisonniers qui ont été de nouveau arrêtés il y a trois semaines. Mais pour l’instant, il n’y a aucune certitude sur le sort de ce soldat.

Les roquettes continuent de pleuvoir sur Israël

Alors que l’opération terrestre avait pour objectif de détruire les tunnels et les accès servant à la contrebande, au stockage et au lancement des roquettes contre le territoire israélien, les alertes continuent dans le sud du côté d’Ashkelon, Sderot, Be’er Sheva et jusque dans le centre du pays. Des sirènes ont retenti près de l’aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv. Air France, KLM, Luftansa et les compagnies américaines ont suspendu leurs vols vers cette destination pour vingt-quatre heures.

Le Hamas prouve de cette manière que ses capacités n’ont pas été affectées. C’est la raison pour laquelle les autorités israéliennes veulent continuer l’offensive jusqu’à atteindre leur objectif et empêcher l’infiltration d’activistes par les tunnels creusés vers Israël, disent-elles, et ramener la sécurité sur le territoire israélien. Une trêve n’est donc pas à l’ordre du jour.

Les efforts diplomatiques ne donnent rien

Pour l’instant, c’est l’impasse malgré les condamnations sur le nombre de victimes civiles. Israël dit avoir proposé deux fois un cessez-le-feu avec la médiation égyptienne et l’autorité palestinienne, refusé par le Hamas. C’est ce que le Premier ministre Benyamin Netanyahu a encore mis en avant lors de sa rencontre à Tel-Aviv mardi avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Celui-ci a répété son message aux Israéliens et aux Palestiniens : « Cessez les combats, commencez à discuter, et attaquez-vous à la racine du conflit pour ne pas revenir à la même situation dans six mois. » Mais selon les autorités israéliennes, les conditions qu’exige le Hamas pour un cessez-le-feu - levée du blocus de Gaza, libération des prisonniers et ouverture du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte - sont inacceptables.

Des manifestations font monter la tension

À Jérusalem-Est, quelques manifestations ont eu lieu ces derniers jours. Ici, les Palestiniens sont tous remontés contre l’offensive israélienne à Gaza. Ils se plaignent aussi de ne pas avoir accès à la mosquée d’Al-Aqsa en ce mois de ramadan. Les points de contrôle sont renforcés. Ces manifestations sont violemment réprimées. Les Palestiniens se plaignent aussi des agressions de plus en plus fréquentes de citoyens israéliens à leur encontre. La tension est donc encore montée d’un cran. À Tel-Aviv, une nouvelle manifestation de mouvements israéliens de gauche, très minoritaires, s'est déroulée mardi soir pour protester contre la guerre à Gaza et contre l’occupation.

Un Palestinien, qui a fui les bombardements du nord de la bande de Gaza, arrive dans une école des Nations unies à Rafah, dans le sud, le 18 juillet 2014.
Un Palestinien, qui a fui les bombardements du nord de la bande de Gaza, arrive dans une école des Nations unies à Rafah, dans le sud, le 18 juillet 2014. REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

Gaza: les habitants du nord en fuite

Le spectacle offert quand on traverse le nord de la bande de Gaza est sidérant. Pendant de longs kilomètres qui séparent Israël de la ville de Gaza, il n'y a pas âme qui vive. Du linge est pourtant accroché dehors, oublié à la hâte par des familles qui ont dû fuir. Les rues sont désertes. Scène surréaliste : des ânes et des chiens se baladent au milieu de la route.

Les habitants du nord ont trouvé refuge pour partie dans le centre de la bande de Gaza, a pu constater notre envoyé spécial à Gaza, Nicolas Ropert. Dans le principal hôpital de la ville, l'intérieur est bondé mais l'extérieur l'est aussi. Des familles ont établi des campements à ciel ouvert. Parmi eux donc des habitants du Nord mais aussi des alentours, notamment le tristement célèbre quartier de Chajaya où dimanche l'armée israélienne a mené un raid dévastateur qui a tué une centaine de personnes, en majorité des civils.

De sourdes explosions retentissent à intervalles réguliers. Des colonnes de fumée s'élèvent des localités situées à l'est de la bande de Gaza. Les résidents hésitent à sortir. « On n'est nulle part à l'abri », confie un habitant. Certains bravent quand même leurs peurs et vont faire quelques achats pour la rupture du jeûne.

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