Israël / Territoires palestiniens

Israël: les noms d’enfants tués à Gaza interdits de diffusion

Un premier obus tombé le 16 juillet sur une plage de Gaza a fait fuir les enfants, un second les a tués.
Un premier obus tombé le 16 juillet sur une plage de Gaza a fait fuir les enfants, un second les a tués. REUTERS/Mohammed Talatene

Alors que le bilan à Gaza ne cesse de s’alourdir, les ONG israéliennes qui critiquent l’opération militaire ont du mal à faire entendre leur voix. C’est le cas de Btselem, une ONG des droits de l’homme très critique sur le nombre de victimes civiles à Gaza. L’organisation critique aussi le rôle du Hamas. Mais c’est notamment un spot publicitaire égrainant les noms des enfants tués à Gaza par l’opération « Bordure de protection » qui a fait polémique. Mercredi, l’autorité de diffusion israélienne a refusé de le diffuser.

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Avec notre envoyée spéciale à Jérusalem,

Ci-dessus le message publicitaire de l’ONG israélienne Btselem que la radio publique a refusé de diffuser. Un message audio citant les noms des enfants tués à Gaza, pour sensibiliser l’opinion publique aux souffrances endurées par les Palestiniens.

« La seule mention des noms des enfants tués par les bombardements à Gaza est considérée comme étant politiquement incorrecte. Le fait de nous accuser de polémiquer n’est pas neutre. C’est une déclaration politique qui signifie que les Israéliens ne doivent pas s’inquiéter du nombre de morts qu’endurent les Palestiniens à Gaza », affirme Sarit Michaeli, la porte-parole de l’ONG Btselem à Jérusalem.

En période de guerre, le message de l’ONG est difficilement acceptable, mais c’est justement en pleine offensive que Btselem voulait le rendre audible. « Les médias israéliens rendent compte du nombre de victimes palestiniennes, mais souvent en citant des sources palestiniennes, ce qui fait douter de la véracité de ces chiffres, explique la porte-parole de l'ONG. Et puis le plus souvent, le contexte qui est mis en avant dans les médias israéliens, c’est que ces morts palestiniennes sont dues au Hamas et qu’Israël n’est pas responsable. »

Le message audio a été diffusé sur les réseaux sociaux et largement repris, selon Sarit Michaeli. « On ne va pas se taire, on n’a pas peur de faire entendre notre voix. Notre message a été beaucoup partagé, et beaucoup critiqué aussi bien sûr, mais l’important c’est de lancer le débat public dans la société israélienne sur ces questions ».

Face au refus de diffuser le spot publicitaire, Btselem compte porter l’affaire devant la Cour suprême israélienne. 

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