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Israël - Territoires palestiniens

Gaza: la guerre se prolonge

Tir de l'artillerie israélienne vers la bande de Gaza, lundi 28 juillet 2014.
Tir de l'artillerie israélienne vers la bande de Gaza, lundi 28 juillet 2014. REUTERS/Baz Ratner
Texte par : Toufik Benaichouche
5 mn

Une puissante explosion dans une aire de jeux du camp de réfugiés d'al-Chati, dans le nord de la bande de Gaza, a coûté la vie ce lundi à huit enfants et deux adultes, réduisant le mince espoir de voir se prolonger une trêve informelle dans l'enclave palestinienne, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd el-Fitr. La mort d'enfants palestiniens de Gaza et de civils en Israël a donc fait voler en éclats les espoirs de trêve, après trois semaines de conflit entre Israël et le Hamas.

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En Israël, c'est un vrai choc. Au moins quatre personnes ont été tuées dans un kibboutz de la région d'Eshkol, tout près de la frontière, par un obus de mortier tiré depuis Gaza. Le coup le plus dur porté à la population civile en Israël depuis le début de la guerre le 8 juillet. Jamais des tirs de roquette ou des obus de mortiers n'avaient tué quatre personnes. Les Israéliens dénombrent à présent une cinquantaine de morts, dont 48 soldats. Côté palestinien, en revanche, on dénombre 1 099 morts et 6 200 blessés. Un mort sur cinq est un enfant palestinien, selon les Nations unies, et les trois quarts des tués sont des civils.

La télévision israélienne a par ailleurs rapporté que des hommes armés palestiniens avaient pénétré dans un village proche de la frontière, avant d'être repoussés par Tsahal. Cinq Palestiniens ont été tués, selon l'armée, alors que le Hamas affirme que son commando a tué dix soldats israéliens avant de repartir sans encombre vers la bande de Gaza.

A Gaza, sept enfants sont morts dans le camp de réfugiés de Chatti. Il s'agit pour des sources médicales palestiniennes de frappes aériennes israéliennes. L'armée israélienne affirme n'avoir rien à voir dans ce massacre. Pour elle, le Hamas se serait tiré une balle dans le pied : il s'agirait de tirs de roquettes ratés par le camp adverse, tout comme le bombardement dans l'enceinte de l'hôpital Chifa, le plus grand de l'enclave palestinienne qui avait jusqu'à présent été épargné et faisait figure de rare sanctuaire. L'armée israélienne, pourtant, reconnaît avoir tiré un obus sur la cour de cet hôpital.

Un peu plus tôt, un autre enfant, âgé de quatre ans, figurait parmi deux Palestiniens mortellement atteints par un obus de char qui avait frappé une maison de Jabaliya (nord), selon les secours. En outre, d'après l'agence onusienne UNRWA, 167 000 personnes environ sont des déplacés. Ils ont trouvé refuge dans les écoles et bâtiments à présent saturés.

Obama donne de la voix, sans résultat

On recherche un moyen de parvenir à un cessez-le-feu. Pour le moment, aucun répit, mais le président américain a jeté tout son poids dans cette recherche. C'est inhabituel, Barack Obama est monté au créneau ce dimanche. Il a demandé au Premier ministre israélien « d'accepter un cessez-le-feu immédiat et sans condition qui mette fin dès à présent aux affrontements et conduise à un arrêt permanent des hostilités ». Réponse de Benyamin Nethanyahu : pas question. L'idée est de décréter un cessez-le-feu humanitaire durant lequel on négocierait une sortie de crise. Mais pour le moment, aucun des deux belligérants n'est d'accord. Israël veut détruire tous les tunnels de la bande de Gaza et que le Hamas soit désarmé. Le Hamas, pour sa part, réclame le retrait des soldats israéliens et la levée du blocus de Gaza en vigueur depuis 2006.

Les diplomates sont donc toujours impuissants. Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui était dimanche en Arabie saoudite, devait se rendre « très bientôt » au Caire à la tête d'une délégation de son mouvement le Fatah, du Hamas et du Jihad islamique, pour discuter d'un cessez-le-feu. Barack Obama a pour sa part estimé que « toute solution de long terme » passerait par « la démilitarisation de Gaza ».

Mais malgré cette insistance, l'appel du président américain à un cessez-le-feu « sans condition » a mis de l'huile sur le feu dans les relations déjà tendues entre les Etats-Unis et Israël. De plus, il a placé Benyamin Netanyahu dans une situation délicate vis-à-vis des jusqu'au-boutistes de son gouvernement, alors que selon des sondages, une écrasante majorité des Israéliens approuve l'offensive à Gaza.

« Nous devons être prêts à une longue campagne jusqu'à ce que notre mission soit remplie », a affirmé le Premier ministre. Et ce lundi soir, dans une allocution télévisée, Benyamin Netanyahu a répété que cette opération « ne serait pas terminée sans avoir neutralisé les tunnels qui servent au mouvement palestinien Hamas pour attaquer Israël ».

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