Bahreïn

Bahreïn: un photojournaliste condamné à 10 ans de prison

Une photo prise le 24 janvier 2014, montrant un manifestant bahreïni debout derrière un portrait d'Ahmed Humaidan lors d'un rassemblement anti-gouvernement à Sitra, (sud de Manama).
Une photo prise le 24 janvier 2014, montrant un manifestant bahreïni debout derrière un portrait d'Ahmed Humaidan lors d'un rassemblement anti-gouvernement à Sitra, (sud de Manama). AFP Photo/Mohammed Al-Shaikh
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Ahmed Humaidan, 25 ans, qui avait couvert le mouvement de protestation a été condamné le dimanche 31 août à dix ans de prison. Le photographe chiite était jugé pour implication dans une attaque contre la police. Un crime dont il s'est toujours dit innocent. De nombreuses organisations de défense des droits de l'homme se sont insurgées contre ces accusations qui ne reposent sur aucune preuve d'après elles. Le royaume de Bahreïn dont la population à majorité chiite s'est soulevée contre la famille régnante sunnite en 2011 continue de serrer les vis.

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Une cour d'appel de Bahreïn a confirmé, le 31 août, la condamnation d’Ahmed Humaidan à dix ans de prison. Le photojournaliste a été jugé pour implication dans une attaque contre la police dans ce pays secoué par des troubles politiques. La confirmation du jugement est intervenue malgré les nombreux appels pressants de plusieurs organisations internationales de défense des droits de l'homme qui demandaient une annulation de la peine prononcée le 26 mars contre le reporter.

Nabeel Rajab, président du Bahrein Center for Human Rights, qui avait lui même été emprisonné en 2012, dénonce carrément l'absence de justice dans le cas du photojournaliste Ahmed Humaidan. « Humaidan faisait partie des rares personnes qui enquêtait sur les abus et les crimes commis par le gouvernement et diffusait ses informations pour alerter les médias internationaux. C'est pour cette raison que lui et les gens comme lui sont visés. Certains ont été jugés, d'autres attendent leur jugement. La situation sur place est très dangereuse », dit-il.

Le silence de la communauté internationale

Nabeel Rajab dénonce le pouvoir sur place. «Bahreïn est une dictature, dit-il. Des milliers de personnes sont derrière les barreaux dans ce petit pays de 700 000 habitants. Mais personne ne dit rien, le monde entier, la communauté internationale se taisent. L'Occident ne dit rien parce que beaucoup font des affaires ici ».

Journalistes et militants des droits de l'homme, cibles du pouvoir

Le président du Bahrein Center for Human Rights affirme que « des dizaines de personnes sont condamnées par des tribunaux qui obéissent à la famille régnante. Nous sommes dans un pays où la justice n'est pas indépendante. D'après les organisations de défense des droits de l'homme, les journalistes, les photographes, les militants des droits de l'homme, les cyberactivistés sont en danger au moment où je parle ».

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