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Irak / EI

Irak: mission impossible pour Haïdar al-Abadi?

Le nouveau Premier ministre (et par ailleurs ministre par intérim de la Défense et de l'Intérieur) Haïdar al-Abadi,avant de soumettre son gouvernement au Parlement, le 8 septembre 2014.
Le nouveau Premier ministre (et par ailleurs ministre par intérim de la Défense et de l'Intérieur) Haïdar al-Abadi,avant de soumettre son gouvernement au Parlement, le 8 septembre 2014. REUTERS/Hadi Mizban/Pool
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L'Iran et les Etats-Unis ont salué chacun de leur côté le nouveau gouvernement irakien. L'équipe emmenée par Haïdar al-Abadi a été approuvée lundi 8 septembre au soir par le Parlement de Bagdad. Ce nouveau gouvernement irakien est confronté à un défi vertigineux, alors que le pays est en partie contrôlé par les jihadistes de l'Etat islamique.

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En Irak comme à l'étranger, on attend de Haïdar al-Abadi qu'il tourne le dos à la politique de son prédécesseur Nouri al-Maliki. Ce dernier s'est entêté dans une logique de stigmatisation et d'exclusion de la minorité sunnite. La colère de ces sunnites ayant par la suite servi de terreau à la poussée des jihadistes, qui se sont emparés ces derniers mois de provinces situées dans l'ouest et dans le nord de l'Irak.

On notera au passage que l'artisan de ce désastre politique et sécuritaire, Nouri al-Maliki, gravite toujours dans les milieux du pouvoir irakien. Il est désormais l'un des vice-présidents du pays.

Sauver l'unité de l'Irak

Le nouveau gouvernement de Bagdad va devoir tenter de sauver l'unité de l'Irak, pays qui a perdu le contrôle d'une partie de son territoire, et qui voit aussi les Kurdes du Nord relancer leur projet d'indépendance. Mais pour Myriam Benraad, chercheuse et spécialiste de l'Irak, cette unité ne peut passer que s'il y a participation de la communauté sunnite. 

Un test, selon elle, sera de voir qui sera nommé ou non aux postes encore non pourvus de ministres de l'Intérieur et de la Défense. Pour l'instant, le nouveau Premier ministre est aussi en charge de ces portefeuilles délicats. « Ce sont deux postes sensibles, estime Myriam Benraad  [...], mais ce qui sera stratégique, ce sera de voir qui va les occuper. Par le passé, les sunnites ont accusé la coalition chiite au pouvoir de procéder à leur répression à travers cet appareil sécuritaire. En fonction des personnes nommées dans ces ministères, on pourra savoir ou non si on est vraiment dans une logique d'unité nationale. »

Mobilisation internationale

Haïdar al-Abadi et son équipe peuvent au moins compter sur la mobilisation internationale pour lutter contre l'Etat islamique. Demain, Barack Obama doit annoncer sa stratégie pour combattre le groupe jihadiste, et la France attendait la formation de ce nouveau gouvernement irakien pour organiser une conférence internationale sur la lutte contre l’Etat islamique.

Myriam Benraad ne fait cependant pas montre du même optimisme que la communauté internationale quant aux récents changements à la tête de l'Etat. Si Nouri al-Maliki n'est plus Premier ministre, la nouvelle équipe n'est en effet, pour elle, pas franchement synonyme de renouvellement du personnel politique irakien.

Comme on le voit très bien, les élites qui étaient déjà au pouvoir depuis plusieurs années sont toujours présentes, avec de manière très symbolique, Nouri al-Maliki qui, désormais, a un portefeuille de vice-président.

Chercheurse, spécialiste de l'Irak au CERI/Sciences-po

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