LIBAN/SYRIE

Mobilisation libanaise pour la libération des otages retenus en Syrie

Sit-in des familles des otages retenus en Syrie, le 10 septembre 2014 à Beyrouth au Liban.
Sit-in des familles des otages retenus en Syrie, le 10 septembre 2014 à Beyrouth au Liban. REUTERS/ Sharif Karim

Au Liban, les efforts se poursuivent pour obtenir la libération d'une vingtaine de soldats et de policiers retenus en otages depuis plus d'un mois par les jihadistes du mouvement Etat islamique et du Front al-Nosra dans la région d'Ersal, dans l'est du pays. Craignant pour leurs proches, des familles ont organisé mercredi 10 septembre un sit-in dans le centre de Beyrouth.

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Avec notre correspondante à Beyrouth, Laure Stephan

Les otages ont été kidnappés lors des combats sanglants entre l'armée et les jihadistes, début août. Deux soldats ont été décapités par l'organisation Etat islamique, suscitant l'effroi et le dégoût. Les familles sont très inquiètes.

Aïcha Ahmad Ahmad campe sur la Place des Martyrs, au cœur de Beyrouth, avec d'autres familles originaires du nord du Liban. Son fils, soldat, est aux mains des jihadistes depuis plus d'un mois, à la frontière entre le Liban et la Syrie. Depuis la décapitation de deux militaires, Aïcha ne trouve plus le sommeil. « J'ai cru devenir folle depuis ces exécutions. On se sent très impuissant, explique-t-elle. Mon fils, les autres, eux aussi risquent d'être égorgés. On fait des sit-in, on presse les autorités. Mais, on a peur. Les ravisseurs tuent tout le monde. Tous les otages sont en danger, quelle que soit leur religion ou leur confession. »

Le sit-in des familles est organisé par un responsable religieux musulman. Le cabinet n'entend pas céder aux revendications des ravisseurs, qui réclament la libération d'islamistes emprisonnés au Liban. Mais pour Ahmad Rachid Zakarya, oncle de l'un des otages, l'exécutif doit envoyer des signaux. « Il y a des islamistes qui sont en prison depuis dix ans sans jugement, c'est une injustice ! Il faut qu'ils soient jugés, qu'ils connaissent leur peine, quelques mois ou quelques années. Mais l'important est qu'ils soient jugés. Le gouvernement doit avancer sur ce dossier. »

Face à la crise des otages, Beyrouth mise pour l'instant sur les négociations auxquelles participe le Qatar, influent sur les factions extrémistes.

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