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Turquie/Etats-Unis

Coalition internationale contre l'EI: les réserves d'Ankara

Le secrétaire américain à la Defense Chuck Hagel et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu le 8 septembre à Ankara ont déjà discuté de la coalition internationale contre l'EI voulue par les Américains.
Le secrétaire américain à la Defense Chuck Hagel et le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu le 8 septembre à Ankara ont déjà discuté de la coalition internationale contre l'EI voulue par les Américains. REUTERS/Hakan Goktepe
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les Américains cherchent des alliés pour leur coalition internationale contre les jihadistes de l’Etat islamique. En Arabie saoudite hier, le secrétaire d’Etat américaine John Kerry a obtenu le soutien de dix pays arabes, les six monarchies du golfe, mais aussi l'Irak et l'Egypte. Il est ce vendredi en Turquie pour convaincre les autorités turques de rejoindre la coalition.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Il y a des signes qui ne trompent pas : les responsables politiques turcs observent le silence le plus complet sur le plan anti-Etat islamique d’Obama, et ce silence traduit le grand moment de solitude de la diplomatie turque. Hier par exemple la Turquie était présente, en la personne de son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavusoglu, à la réunion de Djeddah consacrée à la lutte anti-terroriste, mais elle n’a pas signé le communiqué sur le renforcement des mesures à prendre contre l’Etat Islamique. Ankara n’a fait aucun commentaire, n’a donné aucune explication.

Or il y a bien une explication à l’immense embarras du gouvernement turc, et elle est aisément compréhensible : l’Etat islamique retient depuis trois mois les 49 otages du consulat turc de Mossoul, ce qui empêche de prendre la moindre décision radicale. Mais il y a aussi la peur que cette opération militaire internationale grossisse encore le flot des réfugiés et la sécurité à la frontière turque, sécurité déjà très fragilisée par des incidents réguliers et des attentats qui pourraient se répéter.

Montée en puissance du PKK

Le plus grave, selon tous les analystes, c’est aussi que la politique étrangère régionale de la Turquie s’est avérée être un cuisant échec, son soutien direct ou indirect aux jihadistes la plaçant en porte-à-faux vis-à-vis de tout le monde, y compris de ses propres alliés. C'est pourquoi la Turquie s’en tient au minimum pour ce qui est de sa participation à la coalition : elle devrait permettre aux Etats-Unis d’utiliser la base aérienne conjointe de l’OTAN dans le sud du pays pour des rotations logistiques et humanitaires seulement. Un soutien a minima donc.

C’est paradoxal mais la Turquie - qui est en cours de négociation d’un plan de paix avec la rébellion kurde - ne voit finalement pas d’un trop mauvais œil la montée en puissance du PKK, car il assurera une partie de la sécurité des frontières de la Turquie. Même si Ankara ne serait pas favorable à l’éventuel armement de la rébellion kurde (qui n’est d’ailleurs pas à l’ordre du jour pour l’instant), car cela pourrait se retourner contre la Turquie au cas où ces négociations de paix échouent, la Turquie n’est en tous cas pas en mesure, aujourd’hui, de contester ce rôle pivot que joue désormais le PKK dans la région.

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