Irak

Irak: frappes aériennes américaines près de Bagdad

Des peshmergas regardent la fumée s'élever de la ville de Makhmur, dans la région d'Erbil, au nord de l'Irak, après des frappes américaines, le samedi 9 août 2014.
Des peshmergas regardent la fumée s'élever de la ville de Makhmur, dans la région d'Erbil, au nord de l'Irak, après des frappes américaines, le samedi 9 août 2014. REUTERS/Azad Lashkari

Les forces américaines ont mené pour la première fois une frappe aérienne près de Bagdad contre l'Etat islamique (EI), a indiqué l'armée américaine, le lundi 15 septembre. Cette frappe aérienne a eu lieu au sud-ouest de la capitale irakienne, selon le Centcom, le commandement de l'armée américaine chargé du Moyen-Orient.

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Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Cette série de bombardements près de la capitale irakienne est la concrétisation sur le terrain de la nouvelle stratégie des Etats-Unis contre le groupe Etat Islamique (EI), une stratégie énoncée la semaine dernière par Barack Obama. L’aviation américaine est passée à l’offensive, attaquant directement le groupe terroriste sur une position conquise depuis des semaines non loin de Bagdad.

Cibler les forces hostiles

Jusque là, les bombardements avaient d’abord un objectif humanitaire, empêcher la progression du groupe Etat Islamique qui menaçaient les populations du nord de l’Irak, et, bien sûr, la protection des intérêts et des citoyens américains.

Cette fois, et le Pentagone l’explique dans un communiqué, il s’agissait de cibler les forces hostiles, afin de permettre à l’armée irakienne sur le terrain de pouvoir progresser. Par ailleurs, plusieurs véhicules et des positions du mouvement terroriste ont également été détruites dans le nord de l’Irak precise encore le Centcom. Le commandement de l'armée américaine chargé du Moyen-Orient recevra symboliquement demain la visite de Barack Obama.

Tir de mortier sur des positions de l'Etat islamique, ce 15 septembre 2014.
Tir de mortier sur des positions de l'Etat islamique, ce 15 septembre 2014. REUTERS/Ahmed Jadallah


Une guerre difficile à mener

La communauté internationale, réunie à Paris lundi pour la conférence sur la sécurité en Irak, a promis de soutenir « par tous les moyens nécessaires », y compris militaires, la lutte de Bagdad contre les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en soulignant « l'urgence » à les déloger du nord du pays.Dans les faits cette guerre sera difficile à mener.

Tout le monde est formel. Il faut combattre militairement les membres de l'Etat islamique ; en revanche, pas questions d'envoyer des troupes sur place qui feront le coup de feu. L'Occident, pour l'essentiel, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France se contenteront de bombarder à l'aide d'avions ou de drones et de fournir des données à l'armée irakienne et les milices sunnites et chiites d'Irak.

Capable ?

Cette armée est-elle capable de contenir ou de venir à bout des partisans de l'Etat islamique ? Difficile de le croire. Lors de la prise de Mossoul, elle a abandoné armes et bagages aux membres de l'Etat islamique .Ces derniers ont, du coup, fait main basse sur un armement lourd et sur des milliards de dollars dans les coffres de la capitale du nord de l'Irak.

Toujours pas de ministre de la Défense

Et puis surtout, le gouvernement irakien n' a toujours pas nommé de ministre de l'intérieur et encore moins de ministre de la Défense. Le Premier ministre irakien doit, sur ce plan, nommer deux personnalités qui auront l'aval de la communauté sunnite. Faute de quoi la majorité des grandes tribus de cette communauté ne prendra pas les armes contre les forces de l'Etat Islamique.

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