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Syrie / Turquie

La Turquie ferme sa frontière dans le sens des départs vers la Syrie

Un soldat turc monte la garde avec derrière lui des Kurdes syriens qui attendent derrière des barbelés, près de la ville de Suruc, le 21 septembre 2014.
Un soldat turc monte la garde avec derrière lui des Kurdes syriens qui attendent derrière des barbelés, près de la ville de Suruc, le 21 septembre 2014. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Malgré les heurts qui ont eu lieu, dimanche 21 septembre, entre les Kurdes de Turquie voulant passer côté syrien pour se battre et les forces de sécurité turques, les réfugiés kurdes syriens ont continué à traverser la frontière ouverte vendredi 19 septembre, pour trouver refuge en Turquie. Selon les autorités turques, quelque 100 000 réfugiés kurdes syriens ont été accueillis en Turquie depuis vendredi. Ce lundi matin, le PKK a appelé les Kurdes de Turquie à combattre les jihadistes en Syrie.

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Avec notre envoyé spécial sur la frontière turco-syrienne, Jérôme Bastion

Sur la centaine de kilomètres qui constitue la frontière avec le canton kurde de Kobane, les militaires turcs ont installé une dizaine de points de passages provisoires où, par petits groupes, les familles kurdes syriennes se sont fait enregistrer pour entrer en Turquie. Le seul problème pour elles était l’interdiction qui leur était faite d’entrer avec leur véhicule et leurs bêtes.

Après le passage d’un groupe de militants du PKK la nuit dernière, avec armes et bagages, Ankara a décidé de fermer la frontière dans le sens des départs vers la Syrie, piégeant en même temps nombre de Kurdes syriens venus mettre leur famille à l’abri et pensant retourner chez eux.

C’est face à la ville de Kobane que les incidents ont été les plus violents parce que là s’étaient rassemblés les Kurdes venus d’un peu partout en Turquie, soutenus par quelques députés du parti pro-kurde HDP. Ces derniers voulaient pouvoir entrer librement en Syrie pour affronter les jihadistes de l’Etat islamique, qui assiègent la petite enclave kurde depuis bientôt une semaine. Les élus locaux et députés kurdes sur place depuis hier vont poursuivre leur sit-in pour demander le droit d’aller porter assistance à leurs cousins de Syrie, mais repoussés à près de cinq km de la frontière. Il ne devrait plus y avoir de mouvement de foule incontrôlable et de heurts, comme hier.

Ankara veut contrôler

La Turquie entend poursuivre sa politique d’accueil humanitaire, mais refuse que sa frontière serve à alimenter, en quelque sorte, le conflit de l’autre côté de cette même frontière, au risque d’être accusée d’abandonner le réduit kurde de Kobane aux assaillants de l’Etat islamique.

Les tensions dans la région ne sont pas près de s’apaiser, car les responsables kurdes locaux réclament avec insistance le droit d’accueillir et gérer eux-mêmes ces réfugiés, qui sont souvent des membres de leur famille directe à eux. Mais le gouvernement, qui a achevé l’installation d’un camp de tentes officiel, voudrait les y héberger et les tenir ainsi, en quelque sorte, sous contrôle.

De nombreuses et importantes manifestations à Istanbul, à Diyarbakir et dans plusieurs autres villes pour réclamer le droit à aller soutenir et défendre les Kurdes syriens contre les attaques des jihadistes. Plus la situation militaire va se dégrader, plus la contestation va être vive contre le soutien présumé du gouvernement aux mouvements islamistes syriens et contre le sentiment d’abandon du Kurdistan syrien à son sort.

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