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Turquie

Kobane assiégée, la Turquie ne s’engage toujours pas militairement

Une capture d’écran montre un canon appartenant vraisemblablement à l’OEI surplombant les villages pendant les combats près de la ville kurde de Kobane, le 23 septembre 2014.
Une capture d’écran montre un canon appartenant vraisemblablement à l’OEI surplombant les villages pendant les combats près de la ville kurde de Kobane, le 23 septembre 2014. AFP PHOTO / HO / AAMAQ NEWS
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’avenir de Kobane, assiégée sur trois fronts, est toujours aussi incertain : la ville est attaquée à quelques kilomètres de distance sur ses flancs ouest, sud et est – ce dernier étant sans doute le plus critique puisqu’en fin d’après-midi, trois villages étaient encore tombés aux mains des combattants de l’organisation Etat islamique.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Jusque tard dans la nuit, les échos des combats continuaient de parvenir jusqu’à la frontière, où les populations locales de Turquie, ou réfugiées venues de Syrie, suivaient les affrontements dans l’inquiétude.

Toute la journée, des volontaires désireux de se battre aux côtés des Kurdes de Kobane ont accouru de toute la Turquie, mais les militaires turcs leur ont barré le passage ; il y a même eu des accrochages avec les forces de l’ordre qui ne laissaient passer que les blessés en provenance de Kobane et les réfugiés, à nouveau nombreux à se presser en Turquie.

Et toute la nuit, on a attendu – en vain – le bruit des avions de la coalition, espérant qu’ils viendraient pilonner les positions des troupes jihadistes pour desserrer leur emprise sur la ville. Mais, malgré l’aide tardive de brigades de l’Armée syrienne libre, la chute de Kobane semble toujours aussi inéluctable.

Le gouvernement veut pouvoir stationner des troupes au-delà de ses frontières

Aujourd’hui, un projet de résolution donnant mandat aux forces armées turques pour se déployer en Syrie et en Irak doit être déposé à l’Assemblée nationale où il sera discuté jeudi prochain ; il étend les prérogatives actuelles qui donnaient un droit de poursuite en territoire voisin, mais cette fois le gouvernement veut pouvoir stationner des troupes au-delà de ses frontières.

Non pas pour combattre les islamistes, mais pour établir et contrôler une zone tampon en Syrie, qui protègerait les frontières turques, à la fois de nouvelles vagues de réfugiés, à la fois contre d’éventuelles attaques et contre le passage de combattants kurdes. Autant dire - et le Pentagone l’a encore répété la nuit dernière - que ce projet n’a rien à voir avec un engagement militaire contre la présence de l’organisation Etat islamique, comme la coalition l’attend de la Turquie. Cette résolution du Parlement devrait autoriser le passage de troupes étrangères vers la Syrie et l’Irak pour combattre les jihadistes, c’est tout ce qu’entend concéder la Turquie à la coalition, car il n’est toujours pas question pour Ankara d’engager des troupes combattantes.

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