Afghanistan

Signature d'un accord de sécurité entre Kaboul et Washington

Des soldats américains sur le site de l'attentat du 16 septembre 2014 à Kaboul.
Des soldats américains sur le site de l'attentat du 16 septembre 2014 à Kaboul. AFP PHOTO/Wakil Kohsar

L'Afghanistan a un nouveau président depuis lundi. Ashraf Ghani a été officiellement investi à Kaboul, succédant ainsi à Hamid Karzaï. L'un des premiers actes du nouveau chef de l'Etat : la signature ce mardi 30 septembre de l'accord bilatéral de sécurité tant attendu avec les Etats-Unis. Elle avait été repoussée à de nombreuses reprises par Hamid Karzaï. Mais cette fois, l'accord est signé.

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Article mis à jour suite à la signature effective de l'accord

Concrètement, cet accord bilatéral doit autoriser environ 10 000 soldats américains à rester en Afghanistan entre 2015 et 2016, explique notre correspondant à Kaboul Joël Bronner. Les Etats-Unis devraient aussi conserver une dizaine de bases à travers le pays. L’idée, c’est de compenser partiellement le retrait des troupes de l’Otan - qui sont encore environ 40 000 actuellement -, puisque leur départ doit s’achever d’ici la fin de l’année.

Comme ils seront moins nombreux, la mission de ces militaires devrait changer de nature. Sauf exception, il s’agira moins pour eux d’affronter directement les talibans ou al-Qaïda, mais plutôt de servir de force de soutien aux militaires afghans. Outre la formation, ce soutien sera particulièrement précieux au niveau de l’aviation, qui est quasiment inexistante au sein de l’armée afghane. Depuis le début de l’été, sans couverture aérienne, on constate que les insurgés talibans peuvent plus facilement se regrouper et mener des attaques efficaces.

Appel au dialogue

Ashraf Ghani a évoqué les talibans dans son discours d’investiture. Il les invite à engager des pourparlers de paix. A court terme, il y a très peu de chances que les talibans acceptent de discuter avec le nouveau pouvoir, précisément parce qu’ils sont farouchement opposés à cet accord avec Washington, qui va donc maintenir des troupes étrangères dans le pays pour encore deux ans. Et puis, cet appel au dialogue n’est pas nouveau. L’ex-président Karzaï a régulièrement appelé à des discussions sans succès.

Durant sa campagne, Ashraf Ghani lui-même avait déjà évoqué l’importance des pourparlers avec les talibans, ce qui n'a pas empêché ces derniers de revendiquer un attentat lundi matin à Kaboul, en marge de son investiture à la présidence. Les talibans ont récemment qualifié Ashraf Ghani « d’employé des Etats-Unis ». Un point de vue qui a peu de chances d’évoluer avec la signature de l'accord sécuritaire bilatéral avec Washington.

Un accord longuement attendu

La signature de cet accord bilatéral de sécurité était attendu depuis plus d'un an à Washington. Vu de la Maison Blanche, explique notre correspondante Anne-Marie Capomaccio, ce paraphe est de bon augure pour renforcer les relations entre Kaboul et Washington. Les relations avec Hamid Karzaï n’avaient en effet cessé de se dégrader ces derniers mois. L’ex-président n’hésitant pas, dans l’un de ses discours, à mettre en garde son successeur contre les Etats-Unis.

Washington, après avoir menacé sans résultat de retirer toutes les troupes américaines présentes dans le pays, avait cessé de négocier avec Hamid Karzaï, et misé sur les candidats à sa succession. L’équipe du secrétaire d'Etat américain John Kerry est d’ailleurs restée impliquée, depuis le printemps dernier, dans la résolution d’une dispute électorale interminable. Aujourd’hui, Ashraf Ghani est en fonction, il reste tout juste trois mois pour procéder au retrait des deux tiers des troupes américaines et organiser la suite. Un délai très court qui ne semble toutefois plus poser de problème au Pentagone.

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