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Egypte / Frères musulmans

Les universités égyptiennes multiplient les mesures sécuritaires

Heurts entre forces de l'ordre et étudiants de l'université al-Azhar, partisans des Frères musulmans et de Mohamed Morsi, au Caire le 27 décembre 2013.
Heurts entre forces de l'ordre et étudiants de l'université al-Azhar, partisans des Frères musulmans et de Mohamed Morsi, au Caire le 27 décembre 2013. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh
Texte par : Alexandre Buccianti
3 mn

La rentrée universitaire en Egypte se fera sous le signe de la sécurité. Plusieurs établissements vont mettre en place des mesures draconiennes. pour éviter les violentes manifestations des Frères musulmans qui ont perturbé les études sur plusieurs campus l'année dernière.

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De notre correspondant au Caire,

La mesure la plus spectaculaire a été prise par l’Université du Caire (300 000 étudiants) où les violences avaient fait plusieurs morts fin 2013. L’université exige désormais un extrait de casier judiciaire pour les étudiants désireux de loger dans la cité universitaire. Cette règle vise à exclure d’office les partisans des Frères musulmans ayant été arrêtés et condamnés, même avec sursis, pour actes de violences ou manifestation illégale. Ils devront par ailleurs subir une analyse toxicologique pour déceler les traces de drogue ou d’alcool dans le sang.

L’université du Caire comme la vingtaine d’autres universités gouvernementales a aussi officiellement interdit les meetings et activités politiques sur le campus. Des étudiants seront aussi chargés de rapporter toute activité de nature à nuire au bon déroulement des cours.

Renforcement de la sécurité à l’université d’al-Azhar

En décembre 2013, plusieurs bâtiments du campus d’al-Azhar (325 000 étudiants) avaient été incendiés et de violents accrochages avaient opposé étudiants et policiers, surtout aux abords de la cité universitaire. L’établissement, l’un des plus vieux lieux d’enseignement des sciences islamiques en Egypte, a donc décidé de réduire le nombre d’étudiants (plus de 10 000 en 2013) logés sur place.
Des portails électroniques blindés, des détecteurs de métaux et des caméras de surveillance ont par ailleurs été installés. De même que dans les autres universités, al-Azhar va recourir aux services de sociétés de sécurité privées pour maintenir l’ordre sur le campus. L’université pourra aussi suspendre tout professeur soupçonné d’encourager le désordre.

Sissi drague les étudiants

Pour tenter d’apaiser les esprits, le président Abdel Fattah al-Sissi a procédé en grande pompe la semaine du 22 septembre à une distribution des prix aux meilleurs étudiants des universités publiques. Dans son discours, il les a encouragé à se concentrer sur leurs études et à éviter « certaines activités ».

Après les désordres de fin 2013, certaines voix avaient réclamé la remise en question de la gratuité de l’enseignement universitaire public, qui rassemble 2 millions d’étudiants, soit 95% des étudiants égyptiens. Dans un pays où le salaire minimum est à 120 euros, payer 2000 à 15 000 euros de frais de scolarité pour une université privée est impensable pour la majorité écrasante des jeunes Egyptiens.

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