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Syrie / Turquie

Malgré la chute pressentie de Kobane, la Turquie n'agit pas

De la fumée s'élève de la ville de Kobane après le passage d'un raid aérien, le 7 octobre 2014.
De la fumée s'élève de la ville de Kobane après le passage d'un raid aérien, le 7 octobre 2014. REUTERS/Umit Bektas
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La France discute avec la Turquie d'une réaction aux combats de Kobane. Paris déclare que tout doit être fait pour arrêter l'avancée du groupe Etat islamique dans la ville syrienne. Malgré cinq frappes aériennes américaines, les jihadistes sont entrés dans la ville. Les combats se poursuivent dans plusieurs quartiers. Ankara juge une opération militaire terrestre nécessaire. Par ailleurs, des manifestations kurdes en Turquie ont fait 14 morts ce mardi.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Sur un air de dire « on vous l’avait bien dit », le président Erdogan a tout à la fois fait montre de réalisme et fait aveu de son impuissance.

Quatre jours après que son Premier ministre Ahmet Davutoglu a assuré que Kobane ne « tomberait pas », et même que « la Turquie fera tout son possible pour qu’elle ne tombe pas », le chef de l’Etat constate qu’aujourd’hui la ville kurde, qu’il préfère appeler de son nom arabe Aïn-el-Arab, est bien « sur le point de tomber ». « Des mois que cela dure, dit-il en évoquant les frappes aériennes, et voilà où on en est. Nous avons toujours dit qu’il fallait mettre en place une étroite coopération et une opération terrestre. Car ces problèmes ne peuvent se régler par des seuls bombardements aériens », a encore dit M. Erdogan.

En attendant, il est patent que la Turquie ne s’empresse pas de voler au secours des Kurdes assiégés et petit à petit submergés par l’avancée des jihadistes. Ankara continue de réclamer l’établissement d’une zone tampon et d’une bande d’exclusion aérienne, et propose de réarmer l’Armée syrienne libre pour précipiter la chute de Bachar el-Assad, mais sans dire ce qu’elle compte faire des forces de l’Etat islamique, ce qui la place de plus en plus en porte-à-faux avec la coalition.

Quatorze morts dans des manifestations

Le message est donc clair : Kobane peut tomber, la Turquie ne bougera pas pour la sauver. Seul un événement pourrait faire changer d’avis Ankara : une attaque jihadistes contre un mausolée ottaman situé en territoire syrien, à une trentaine de kilomètres au sud de Kobané. Or, jusqu’à présent, l’organisation Etat islamique a soigneusement évité de s’en prendre à cette enclave turque, et à la trentaine de soldats qui la protègent.

Pendant ce temps, dans plusieurs villes de Turquie, de violents incidents ont opposé les forces de l'ordre à des manifestants kurdes qui dénoncent le refus du gouvernement d'Ankara d'intervenir pour empêcher la ville syrienne de Kobane de tomber entre les mains des jihadistes.

Quatorze personnes sont mortes ce mardi dans des heurts. De nombreuses autres personnes ont été blessées. C’est dans le sud-est de la Turquie que les incidents les plus graves ont éclaté. Mais des manifestations pro-kurdes ont eu lieu également à Ankara et à Istanbul. A Siirt, la police a fait feu à balles réelles sur les manifestants.

De son côté, l'envoyé spécial de l'ONU en Syrie a demandé une action internationale pour défendre Kobane.

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