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BAHREIN

Bahreïn: l'opposition boycottera les législatives du 22 novembre

Ali Salman, dirigerant du Wifaq, principal parti d'opposition, brandit une pancarte représentant plusieurs prisonniers politiques à Bahrein, lors de la manifestation organisée par son mouvement le 12 avril 2013.
Ali Salman, dirigerant du Wifaq, principal parti d'opposition, brandit une pancarte représentant plusieurs prisonniers politiques à Bahrein, lors de la manifestation organisée par son mouvement le 12 avril 2013. REUTERS/Hamad I Mohammed
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'opposition bahreïnie, conduite par le parti chiite al-Wifaq, a annoncé ce samedi qu'elle ne participerait pas aux législatives prévues le 22 novembre prochain. Le boycott des élections est une question qui s'est posée à tous les scrutins depuis 2002. Cela fait plus de trois ans et demi que l'opposition réclame de profondes réformes politiques et l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle. Mais toutes les manifestations ont systématiquement été réprimées.

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L'opposition attend de profondes réformes politiques depuis 2011. Le pouvoir a  présenté de nouvelles mesures électorales dernièrement. En septembre, les autorités ont proposé de relancer le dialogue en vue de sortir le royaume de la crise. Mais le communiqué signé par quatre groupes d'opposition, dont al-Wifaq, dénonce un scrutin qui « consolide le pouvoir autoritaire » dans le royaume, dirigé par la dynastie sunnite des al-Khalifa.

Le politologue et historien Jean-Paul Burdy explique la complexité de ces mesures électorales mises en place par Bahreïn : « Le régime a procédé à un redécoupage des circonscriptions électorales il y a quelques semaines. Il y a de très fortes chances que les nouveaux découpages ne résolvent pas le problème. Ces découpages sont faits pour permettre à la minorité pro-régime d’avoir la majorité des sièges, et de toute façon écarter l’opposition de gauche ou chiite de la majorité parlementaire. »

2010, des élections à l'image des tensions politiques

Les élections municipales prévues le 22 novembre, en même temps que les législatives, constitueront le premier rendez-vous électoral à Bahreïn depuis octobre 2010. A l'époque, déjà, les élections étaient représentatives des tensions politiques du pays. Jean-Paul Burdy le confirme :

« En 2010, les résultats ont été intéressants parce que le parti Wafaq, qui est le plus gros parti d’opposition, un parti chiite, a obtenu 63% des suffrages exprimés et 18 sièges sur 40 dans l’Assemblée. Ce qui démontrait bien les limites de la consultation électorale. L’opposition, même avec les deux tiers des suffrages, était sûre de ne jamais avoir la majorité des sièges. »

Répression des manifestations

Pour le maître de conférences à l'IEP de Grenoble, faute de succès politique envisageable, les minorités se replient sur la confrontation urbaine. « Les chiites, qui sont largement majoritaires - deux tiers des électeurs -, n’ont aucune chance d’avoir la majorité à la Chambre basse dans ce pays », explique Jean-Paul Burdy.

Et de continuer : « Et du coup, ça conforte les tenants de la lutte politique plutôt dans la rue, en disant ; " De toute façon, on n’y arrivera pas par les urnes, il faut continuer la guérilla urbaine, parce que c’est le seul moyen de faire pression sur le régime. " » En mai 2011, l'opposition avait retiré ses 18 députés du Parlement de 40 sièges en signe de protestation.

Manifestation antigouvernementale à Bahreïn, le 18 avril 2013.
Manifestation antigouvernementale à Bahreïn, le 18 avril 2013. REUTERS/Hamad I Mohammed

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