Syrie / Turquie

Kobane: où sont passés les renforts kurdes annoncés?

Un habitant kurde regarde les avions de chasse survoler la ville de Kobane, depuis la frontière turco-syrienne.
Un habitant kurde regarde les avions de chasse survoler la ville de Kobane, depuis la frontière turco-syrienne. AFP PHOTO/BULENT KILIC
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Alors que l'Observatoire syrien des droits de l'homme rapporte que 30 jihadistes de l'organisation Etat islamique et 11 combattants kurdes ont été tués mardi dans des combats dans la ville syrienne de Kobane, les Kurdes assiégés attendent des renforts. Des peshmergas d'Irak doivent transiter en Syrie via la Turquie, mais ils ne sont toujours pas arrivés. En Turquie, la presse s'interroge quant à la politique menée par Ankara.

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Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

« Y a-t-il quelqu’un qui comprend le jeu du gouvernement turc ? », se demande l’influent éditorialiste Murat Yetkin du journal Radikal ce mercredi matin 22 octobre. Toute la presse turque se pose la même question : « où sont ces peshmergas, sont-ils même passés ? », dans la foulée de ceux qui affirment qu’ils auraient pu rejoindre Kobane.

Cette dernière allégation est fermement démentie par les responsables kurdes locaux, qui disent n’être pas même en contact téléphonique avec Ankara. Pourtant, le Premier ministre expliquait hier que les discussions se poursuivaient. Mais avec qui ? Tout le monde l’ignore.

M. Davutoglu a répété que l’aide promise à Kobane devait être civile, destinée à la population et non aux organisations terroristes que sont pour lui le PKK et le PYD. Autrement dit, la Turquie, après avoir autorisé le passage des peshmergas, serait-elle en train de faire marche arrière ou de gagner du temps ?

Pour la première fois depuis des décennies en tous cas, le dernier conseil des ministres s’est achevé sans conférence de presse, comme pour ne pas avoir à donner des explications sur cette affaire décidément bien mystérieuse. « Cherche peshmergas désespérément », c’est le titre que l’on pourrait donner à ce feuilleton frisant l’absurde, qui témoigne en tous cas une fois de plus de l’embarras d’Ankara sur la question de Kobane.

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