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Egypte

Sissi aux Egyptiens: «Le combat contre le terrorisme sera sanglant»

Déclaration d'Abdel Fattah al-Sissi, le 25 octobre 2014 au Caire.
Déclaration d'Abdel Fattah al-Sissi, le 25 octobre 2014 au Caire. REUTERS/The Egyptian Presidency/Handout via Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Des funérailles nationales ont été organisées ce samedi 25 octobre 2014 pour les 34 soldats égyptiens tués vendredi dans des attentats au Sinaï. Les attentats les plus meurtriers jamais réalisés contre l’armée égyptienne. Le président Sissi dénonce un complot piloté par l'étranger. Sur le terrain, les troupes égyptiennes ont répliqué.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

A l'issue des funérailles, le président Abdel Fattah al-Sissi s’est adressé à la nation, pour appeler les Egyptiens à s’unir derrière l’armée et la police, afin de faire face à un complot qui vise, selon lui, à casser l’Etat égyptien en cours de reconstruction.

« Un soutien étranger a été fourni pour réaliser cette opération d'envergure contre l’armée égyptienne, dénonce le chef de l'Etat. L’objectif est de briser la volonté de l’Egypte et des Egyptiens et de briser leur armée. Je m’adresse à vous, Egyptiens : soyez vigilants face à ce qui se trame contre nous. »

L’ex-maréchal a indiqué que de nouvelles mesures seraient prises sur le terrain, sans en préciser la nature. On indique de bonne source qu’il s’agirait d’une zone tampon de 7 kilomètres avec la bande de Gaza. Sissi a appelé les Egyptiens à la patience, car « le combat contre le terrorisme sera long, douloureux et sanglant ». « Mais nous vaincrons », a-t-il conclu.

Ce samedi, l'armée égyptienne a répliqué à l'attaque. Elle indique avoir tué huit jihadistes lors de frappes aériennes dans des zones du nord du Sinaï. La région est par ailleurs placée en état d'urgence pour une période de trois mois, et le terminal de Rafah, unique point de passage vers la bande de Gaza non contrôlé par Israël, a été fermé jusqu'à nouvel ordre.


■ ANALYSE : « Le phénomène n'est pas nouveau »

Selon Sophie Pommier, professeur à Sciences Po et spécialiste de l'Egypte, il ne faut surtout pas oublier que le jihadisme dans le Sinaï, territoire frontalier, est beaucoup plus ancien que la destitution de l'ancien président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. Ci-dessous, ses explications sur l'antenne de RFI :

« C'est vrai, depuis quelque temps, il y a une recrudescence des opérations militaires, notamment contre le groupe Ansar Beit al-Maqdis, qui subit certainement des pertes importantes. Donc, il y a aussi une logique de surenchère et de vengeance, je pense, dans la montée en gamme, surtout pour des raisons liées au contrôle des trafics inter-frontaliers avec la bande de Gaza, avec Israël, et qui sont des logiques propres aux populations locales. On sait que ce groupe est quand même essentiellement composé de Bédouins.

Donc, ce sont des logiques spécifiques à cette zone du Sinaï. Déjà, à la fin de la période Moubarak, on avait eu une offensive militaire très relayée par les médias, justement pour mettre un terme à ce phénomène terroriste, qui remonte à avant la chute d'Hosni Moubarak - il faut remonter au début des années 2000. Donc, ce n'est pas un phénomène nouveau, récent, et on ne peut d'ailleurs pas l'associer non plus à la chute des Frères comme c'est assez souvent fait dans les médias. Clairement, depuis plusieurs années, l'armée n'arrive pas à juguler ce problème. »

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