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Israël

Israël: poussée de tensions autour de la mosquée al-Aqsa

La mosquée al-Aqsa a dû être nettoyée après les affrontements entre des Palestiniens et la police, mercredi 5 novembre.
La mosquée al-Aqsa a dû être nettoyée après les affrontements entre des Palestiniens et la police, mercredi 5 novembre. REUTERS/Ammar Awad
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Jérusalem, quelque 150 extrémistes juifs ont marché jeudi soir à Jérusalem pour réclamer le droit de prier sur l'esplanade des Mosquées. Ils ont été bloqués par les policiers avant d'arriver au Mur des Lamentations. Des juifs nationalistes religieux avaient appelé à manifester en direction de ce qu’ils appellent le mont du Temple, l’esplanade des Mosquées. En signe de protestation, les Palestiniens de la vieille ville se sont mis en grève. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a téléphoné ce jeudi au roi Abdallah de Jordanie pour lui assurer qu'Israël n'avait aucune intention de modifier le statut de l'esplanade des Mosquées. La Jordanie avait ordonné mercredi le rappel de son ambassadeur en Israël pour protester contre ce qu'elle qualifie de «violations» israéliennes des lieux saints de Jérusalem. 

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Avec notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon

Dans le quartier arabe de la vieille ville, on n’entend que l’appel à la prière. Aucune activité n'est perceptible en ce jeudi 6 novembre. Les échoppes sont fermées pour cause de grève. Les commerçants sont solidaires avec les familles des Palestiniens tués car suspectés d’avoir commis des attentats ces quinze derniers jours à Jérusalem comme l'explique à RFI, Mohamed, un jeune Palestinien. « Les Israéliens ont tué encore des Palestiniens. Ibrahim al Akari, Mohamed Shalodi, [il y a] toujours plus de Palestiniens tués ! », s'indigne le jeune homme.

Si les auteurs présumés des attentats contre des Israéliens sont cités comme des héros, c’est qu’ils défendaient la mosquée al-Aqsa, selon Imad, un commerçant de la vieille ville qui fait également grève. « Nous n’aurons jamais la paix avec les juifs car ils ferment tout le temps l’accès à l’esplanade des Mosquées aux musulmans. Ils ne veulent pas qu’on prie à la mosquée al-Aqsa. Ils veulent l’esplanade pour eux ! Mais ça, c’est dans leurs rêves ! Je suis prêt à me sacrifier, à me tuer avec mes enfants pour défendre al-Aqsa. »

Le troisième lieu saint de l’Islam cristallise les tensions

De plus en plus de juifs extrémistes montent sur l’esplanade des Mosquées pour essayer d’y prier, malgré l’interdiction. Les plus ultras voudraient même raser al-Aqsa pour y reconstruire un temple juif.

Ce jeudi, ils sont environ 150 à manifester en direction de l'esplanade. Ils défilent en chantant des psaumes. Quelques dizaines d’ultra nationalistes religieux qui rêvent de reconstruire un temple juif en lieu et place de l’esplanade des Mosquées, le « mont du Temple », comme ils l’appellent.

Yacov Ben Areh, manifeste en agitant un immense drapeau israélien : « En 1967, les Israéliens ont eu le Mont du Temple. On n’aurait pas dû le rendre au bout de 4 heures. Depuis cette date, la guerre sainte n’a jamais cessé. C’est une guerre avec les musulmans. Pour nous, c’est très important de récupérer le Mont du Temple et d’y reconstruire le 3e Temple ».

Le mont du Temple, l’esplanade des Mosquées, est réservée à la prière des musulmans. Une règle que voudraient changer ces juifs extrémistes, quitte à chasser les Palestiniens, comme le dit sans détour ce manifestant radical : « Est-ce que les Arabes ont le droit de vivre ici ? Dans certains cas oui, selon la Torah. Mais pas les ennemis qui essaient de nous tuer. Nous devons les éliminer, c'est-à-dire tuer les terroristes. De toute façon ils ne sont pas heureux ici, il faut qu’ils partent en Jordanie ».

Vers une confrontation violente ?

Ces juifs extrémistes ne sont pas très nombreux. Mais leurs propos et leurs provocations ne peuvent qu'attiser les tensions avec les Palestiniens, au risque de provoquer de nouvelles violences. Israël a renforcé les mesures de sécurité à Jérusalem après deux attaques à la voiture bélier mercredi. Deux personnes ont été tuées dont un policier israélien. Plusieurs personnes ont également été blessées.

Selon Abaher Al Saqqa, expert palestinien, il y a cependant peu de risque que ces tensions se transforment en nouvelle intifada. « Je ne crois pas qu’on s’oriente vers une troisième intifada, explique-t-il. Mais on s’oriente vers une confrontation qui, si Israël continue à ne pas prendre en considération toutes les précautions demandées par la communauté internationale, de ne pas toucher le sanctuaire de Jérusalem,... peut s’orienter vers une confrontation violente. »

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