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Yémen

Yémen: les rebelles chiites rejettent le nouveau gouvernement

Des rebelles chiites houtis à Sanaa, le 4 novembre 2014.
Des rebelles chiites houtis à Sanaa, le 4 novembre 2014. REUTERS/Khaled Abdullah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Yémen, les rebelles chiites et le parti de l'ex-président Ali Abdallah Saleh ont rejeté samedi le nouveau gouvernement, plongeant encore un peu plus dans le chaos ce pays en proie à des violences menées notamment par al-Qaïda.

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Le Yémen est fragilisé depuis de longs mois par des attaques d'al-Qaïda contre les
forces de sécurité, et par les velléités indépendantistes du Sud. Le pays s'est
enfoncé un peu plus dans la crise depuis septembre, quand des rebelles chiites se sont emparés de la capitale, Sanaa, et d'autres zones du pays.

Un accord de paix a été signé le 21 septembre sous l'égide de l'ONU. Il prévoyait le
retrait des rebelles et la formation d'un nouveau gouvernement, mais il est resté de longues semaines lettre morte. Les autorités ont finalement annoncé vendredi un nouveau cabinet de 36 membres. Mais samedi soir, les rebelles chiites ont dénoncé ce nouveau gouvernement, exigeant qu'il soit remanié pour évincer des ministres jugés incompétents ou corrompus.

Sur le terrain, tout le monde lutte contre tout le monde : l’armée, les rebelles chiites et les jihadistes d’al-Qaïda continuent de se faire la guerre. Ces derniers jours, al-Qaïda a revendiqué plusieurs attentats dans le pays, dont un attentat manqué contre l'ambassadeur américain à Sanaa – information qui n’a pas pu être confirmée de sources indépendantes.

Luttes pour le pouvoir

À Sanaa, où les institutions de l’Etat semblent s’être effondrées, la lutte pour le pouvoir est intense. Le président actuel, Abd Rabbo Mansour Hadi, a été limogé de la tête de son propre parti par l’ancien président Ali Abdellah Saleh. Selon le chercheur David Rigoulet-Roze, spécialiste du Yémen à l’Institut français d’analyses stratégiques, ce dernier cherche à préserver ses intérêts personnels : « Le limogeage de l’actuel président Abd Rabbo Mansour Hadi n’est pas forcément surprenant. C’est vraisemblablement le fruit d’une intrigue de l’ancien président, qui cherche à déstabiliser  l’exécutif yéménite car il a mal supporté d’avoir été mis de côté en février 2012. Il a son propre agenda, et instrumentalise un certain nombre d’acteurs sur l’échiquier politique. Derrière tout cela, il y a un jeu de personnes et des rivalités politico-confessionnelles de plus en plus marquées », analyse David Rigoulet-Roze.

La situation au Yémen est jugée « extrêmement préoccupante » par le chercheur, qui relève que « le pays oscille entre le danger AQPA – al-Qaïda dans la péninsule arabique, qui est surtout fort au centre et à l’Est – et la pression des houtis chiites du nord ».

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