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Egypte

Sous la présidence Sissi, l'Egypte garde le contrôle des ONG

Le président Abdel Fattah al-Sissi, le 8 juin 2014 au moment de signer le document mettant fin à la période intérimaire d'Adly Mansour, après la destitution du président Morsi.
Le président Abdel Fattah al-Sissi, le 8 juin 2014 au moment de signer le document mettant fin à la période intérimaire d'Adly Mansour, après la destitution du président Morsi. AFP PHOTO / EGYPTIAN PRESIDENCY
Texte par : Alexandre Buccianti
2 min

Le délai accordé par le gouvernement égyptien aux ONG pour régulariser leur situation prend fin ce lundi 10 novembre 2014. Une mesure dénoncée comme une atteinte aux libertés par de nombreuses ONG de défense des droits de l’homme au niveau national et international. Quelle est la situation des organisations non gouvernementales, aujourd’hui en Egypte ? Eléments de réponse.

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Comme d'autres, l’Organisation égyptienne des droits de l’homme, plus vieille ONG d’Egypte, a régularisé sa situation. Certaines organisations l’avaient déjà fait plus tôt auparavant. Mais à l'instar du Centre du Caire pour les droits de l’homme et de l’Initiative égyptienne pour les droits de l’individu, il y en a qui ont refusé de se soumettre au ministère de la Solidarité sociale, comme l’exige pourtant la loi de 2002.

Cette dernière, adoptée sous l’ex-président Hosni Moubarak, est considérée comme contraignante par la plupart des ONG, qui avaient demandé son remaniement. Conformément à cette loi, il faut obtenir l’autorisation du ministère, qui peut venir au bout de plusieurs années ou jamais, avant de pouvoir travailler. Le ministère doit aussi donner son aval aux financements, notamment étrangers.

Que cherche le gouvernement par cette mesure ?

L'objectif du gouvernement égyptien, c'est de contrôler les ONG. Officiellement, la régularisation vise les milliers d’ONG islamistes, qui ont poussé sous le règne des Frères musulmans. Mais en réalité, ce sont les ONG indépendantes qui sont dans le collimateur. La plupart des ONG islamistes se sont transformées en associations caritatives.

Ces restrictions ont poussé des ONG étrangères comme le Carter Center à fermer ses bureaux en Egypte. L’organisation ne voulait pas finir comme d’autres ONG américaines et européennes basées en Egypte et dont les employés ont fini, en 2012, devant la cour d’assises.

Il est à noter que Fayza Aboul Naga, la ministre de la Coopération internationale, qui avait déclenché les fermetures d’ONG à l’époque, vient d’être nommée conseillère du président Sissi pour la sécurité nationale.

Quelles conséquences une telle mesure peut-elle avoir ?

Pour l’instant, en dehors des critiques nationales et internationales, l'Egypte ne craint pas grand-chose. Le Caire accueille actuellement la plus grande délégation officielle d’hommes d’affaires américains depuis le renversement d’Hosni Moubarak. Washington va livrer à l’Egypte des hélicoptères Apache et la France des corvettes pour la marine, tandis que d’autres pays européens se pressent aux portes de l'Egypte.

Le Caire utilise un argument imparable : il est en guerre contre le terrorisme islamiste, qui frappe tous les jours sur son sol, tout comme l’Occident est en guerre contre l’organisation Etat islamique.

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