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Israël

Cisjordanie: violences près de Ramallah sur fond de tensions régionales

Le président de l'Autorité palestiniennne, Mahmoud Abbas, a tenu un discours pour commémorer le dixième anniversaire de la mort de l'ex-leader palestinien Yasser Arafat, le 11 novembre 2014.
Le président de l'Autorité palestiniennne, Mahmoud Abbas, a tenu un discours pour commémorer le dixième anniversaire de la mort de l'ex-leader palestinien Yasser Arafat, le 11 novembre 2014. REUTERS/Finbarr O'Reilly

Pour le dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat mardi 11 novembre, les Palestiniens se sont une nouvelle fois déchirés. Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé le Hamas de vouloir détruire la réconciliation entre Palestiniens. Le Hamas a répliqué en dénonçant mensonges et insultes. La journée d’hier a également été marquée par la mort d’un jeune Palestinien tué par l’armée israélienne lors d’affrontements près d’Hébron. Et les violences continuaient ce mercredi 12 novembre au matin en Cisjordanie.

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Une mosquée a été partiellement incendiée tôt ce mercredi matin dans le village d'Al-Mougheir, qui se trouve à proximité d’une colonie, près de Ramallah en Cisjordanie occupée. Les services de sécurité palestiniens imputent cet incendie criminel à des colons israéliens, commente la correspondante de RFI à Jérusalem, Murielle Paradon.

Il pourrait effectivement s’agir d’un acte de vengeance après les attaques de ces dernières semaines commises par des Palestiniens. Six Israéliens ont été tués dont une femme qui habitait justement une colonie de Cisjordanie. Le climat est délétère, des affrontements ont lieu aussi quasi quotidiennement entre jeunes Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes, à Jérusalem-Est notamment.

Dès mercredi matin, une vieille synagogue a été la cible d’un cocktail molotov, à Shfaram, une ville arabe israélienne. Il y a peu de dégats, selon la police.

La tension monte

Et les déclarations politiques ne vont pas dans le sens de l’apaisement. Hier soir, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu est intervenu à la télévision, rappelant qu’il pratiquerait une tolérance zéro face aux fauteurs de troubles. Il a accusé le président palestinien Mahmoud Abbas « d’inciter à la violence ». Quelques heures plus tôt, Mahmoud Abbas avait rejeté la responsabilité de la situation sur Benyamin Netanyahu, qui a laissé les extrémistes juifs monter sur l’esplanade des Mosquées, ce qui a déclenché en partie la colère des Palestiniens.

On le voit donc, aucun dialogue n’est possible entre les autorités israéliennes et palestiniennes. Et pendant ce temps, les violences continuent et du côté palestinien, les relations entre le Hamas et le Fatah s'enveniment.

Divisions internes

Les divisions palestiniennes ont éclaté au grand jour mardi 11 novembre, à l'occasion du dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Par le biais de déclarations à distance, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, se sont mutuellement accusés de mettre en péril la réconciliation précaire engagée entre les deux mouvements au printemps dernier.

C'est le président de l'Autorité palestinienne qui a ouvert les hostilités en accusant le Hamas d'être responsable des attentats qui ont visé le Fatah dans la bande de Gaza en fin de semaine dernière. « Le discours de Mahmoud Abbas devait être un discours de commémoration. Ce n’est pas digne d’un président, il a utilisé des termes injurieux, il a lancé des accusations sans avoir la moindre preuve contre le mouvement Hamas », a rétorqué Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas contacté par nos confrères de Monte Carlo Doualiya, pour qui ces accusations n’ont aucun fondement. « Nous avions là l’occasion de nous réunifier. Nous nous attendions durant cette journée à ce qu’il ait l’annonce des résultats de l’enquête sur le meurtre de Yasser Arafat, pour que les coupables puissent enfin faire face à leurs responsabilités. Mais rien de cela n’est arrivé », a-t-il regretté.

Ces violents échanges fragilisent un peu plus le processus de réconciliation qui avait abouti il y a quelques mois à la formation d'un gouvernement d'union nationale. « La réconciliation, annoncée à grand fracas début juin, en réalité était depuis le début fragile », analyse Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Proche-Orient. Selon lui, « les différences entre les deux [camps] restent profondes, différences idéologiques et politiques à l’évidence, avec le Fatah qui est quand même dans une position d’acceptation du compromis territorial et le Hamas qui reste sur une position de refus de ces négociations. »

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