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Israël

Le projet de loi sur «l’Etat national du peuple juif» fait polémique

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, le 23 novembre.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahu arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet, le 23 novembre. REUTERS/Jim Hollander/Pool

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche 23 novembre 2014 un projet de loi controversé renforçant le caractère juif de l’Etat d’Israël. Il doit être voté prochainement au Parlement, mais il divise la coalition gouvernementale. Certains ministres et députés dénoncent le caractère antidémocratique et raciste du texte.

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Le projet de loi prévoit de définir l’Etat d’Israël comme un « Etat national du peuple juif » et de l’inscrire dans les Lois fondamentales israéliennes, qui font office de Constitution. Jusqu’à présent, Israël était défini comme un « Etat juif et démocratique » dans plusieurs textes. Les détracteurs du projet de loi craignent donc que le caractère « démocratique » ne passe à la trappe. En outre, dans sa première mouture, le texte donne la primauté aux juifs sur les autres communautés.

Les députés arabes israéliens ont aussitôt dénoncé « un projet de loi raciste ». Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël en 1948 représentent 20 % de la population israélienne. Et ils s’estiment déjà discriminés au quotidien. « Avec ce texte, le racisme déjà présent dans la rue va être inscrit dans la Loi », déplore Adalah, le Centre juridique de défense des droits de la minorité arabe.

« Le racisme va être inscrit dans la loi »

Le projet de loi est aussi contesté au sein de la coalition gouvernementale. Lors du vote en Conseil des ministres, le débat a été très houleux. La ministre de la Justice Tzipi Livni et le ministre des Finances Yair Lapid, considérés comme des modérés, ont voté contre. Ils accusent le Premier ministre Benyamin Netanyahu d’agir sous la pression de son aile la plus à droite.

Benyamin Netanyahu affirme que le texte qui sera soumis au Parlement garantira les mêmes droits pour tous. Il aurait présenté une version dure du texte en Conseil des ministres pour s’assurer le soutien des plus extrémistes, et offrirait un texte plus édulcoré au Parlement. « Une mascarade politique », dénonce le politologue Denis Charbit.

Pour ce professeur à l’Université ouverte d’Israël, ce vote intervient dans un contexte de radicalisation et dans une configuration électoraliste. « Netanyahu veut damer le pion à Lieberman et Benett », deux ministres de la droite nationaliste et nationaliste-religieuse.

Risque d’éclatement de la coalition

Le Premier ministre israélien a radicalisé son discours ces dernières semaines dans un climat de tensions extrêmes et de multiplication des attentats, à Jérusalem notamment. Ce n’est toutefois pas la première fois que le Premier ministre israélien veut faire inscrire « l’Etat juif » au cœur des Lois fondamentales. Il l’avait déjà tenté, sans succès, au moment des négociations de paix avec les Palestiniens au printemps dernier. Netanyahou avait fait de la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, un préalable à un accord de paix, inacceptable pour les Palestiniens pour qui cela revenait à nier le droit au retour des réfugiés.

Le projet de loi définissant Israël comme « Etat national du peuple juif » doit maintenant passer devant le Parlement. Il devrait être examiné en première lecture mercredi 3 décembre. D’ici là, Netanyahu devrait chercher un compromis avec les ministres contestataires Livni et Lapid. Ils ont menacé, avec leurs partis respectifs, de ne pas approuver le texte, ce qui pourrait faire éclater la coalition et déclencher une grave crise politique.

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