Syrie

Syrie: raids meurtriers sur Raqqa, les civils en première ligne

Selon un dernier bilan, plus de 60 personnes seraient mortes dans les raids du régime sur Raqqa.
Selon un dernier bilan, plus de 60 personnes seraient mortes dans les raids du régime sur Raqqa. REUTERS/Nour Fourat

Une série de raids aériens meurtriers a frappé ce mardi 25 novembre la ville syrienne de Raqqa, dans l'est du pays. Ces raids ont visé le fief en Syrie du groupe Etat islamique et ont été menés par l'aviation de l'armée syrienne. Selon un dernier bilan, plus de 95 personnes seraient mortes.

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Les vidéos diffusées sur Internet par des militants de la ville de Raqqa montrent des corps ensanglantés gisant dans la rue, alors qu'une ambulance se précipite sur les lieux. Selon un bilan diffusé par l'Observatoire syrien des droits de l'homme, proche de l'opposition, c'est une majorité de civils qui auraient été tués au cours de ces raids aériens. Jamais à ce jour, la ville de Raqqa n'avait subi de bombardements aussi violents et aussi meurtriers.

Après avoir été épargné durant de longs mois, le fief des jihadistes du groupe Etat islamique est visé de plus en plus souvent par les avions de l'armée syrienne. En septembre dernier, une série de frappes avait tué déjà plus de 50 personnes, et là encore c'est une majorité de civils, selon l'OSDH, qui avaient été tués dans les bombardements.

Raqqa et ses environs sont désormais visés non seulement par les forces de Bachar el-Assad, mais également par les avions de la coalition anti-jihadiste, emmenée par les Etats-Unis. Tour à tour, les raids de la coalition, puis ceux de l'armée syrienne, frappent une ville devenue le symbole de la montée en puissance de l'organisation Etat islamique. Une stratégie identique, même si officiellement, la coalition et le régime syrien affirment ne pas coordonner leurs opérations contre l'EI.


Les jihadistes s’en prennent aux homosexuels

Le groupe jihadiste Etat islamique a lapidé mardi en Syrie deux jeunes hommes en affirmant qu'ils étaient homosexuels. Il s’agit des premières exécutions pour ce motif commis par cette organisation, a indiqué une ONG. L'EI a lapidé à mort aujourd'hui un homme de 20 ans « parce qu'il était gay ». Cela s'est passé à Mayadin, dans la province syrienne de Deir Ezzor (est), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Dans la ville même de Deir Ezzor, un jeune homme de 18 ans a également été tué mardi 25 novembre de la même façon, et pour le même motif. Les jihadistes du groupe EI ont dans le passé lapidé plusieurs femmes accusées d'adultère, notamment dans leur fief de Raqqa. A Mayadin, une femme dentiste avait été décapitée en août parce qu'elle continuait à traiter des patients des deux sexes, avait indiqué l'ONU dans un rapport le 14 novembre. Le groupe extrémiste sunnite, qui a proclamé en juin un califat sur les régions sous son contrôle en Syrie et en Irak, est accusé de crimes contre l'humanité par l'ONU, en raison de nombreuses exactions qu'il commet : décapitations, crucifixions, esclavage, etc.

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