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France/Palestine

Zeev Sternhell, une voix dissidente en Israël

Des Palestiniens agitent leur drapeau en direction de la frontière israélienne avec la Bande de Gaza, le 30 mars 2014.
Des Palestiniens agitent leur drapeau en direction de la frontière israélienne avec la Bande de Gaza, le 30 mars 2014. REUTERS/Suhaib Salem

L’Assemblée nationale française a débuté ce vendredi 28 novembre l’examen d’un texte déposé par les élus socialistes pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Le vote devrait avoir lieu le 2 décembre. Un vote symbolique, comme celui du Parlement britannique et espagnol récemment, mais qui pousse à un règlement du conflit-israélo palestinien. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a condamné par avance le vote français qualifié d’ « irresponsable ». En Israël, quelques voix s’élèvent pour soutenir la reconnaissance de l’Etat palestinien. Rencontre avec Zeev Sternhell, intellectuel de gauche, professeur émérite à l’Université hébraïque de Jérusalem.

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De notre correspondante à Jérusalem,

RFI : Que pensez-vous de l’initiative des députés français pour la reconnaissance de l’Etat Palestine ?

Zeev Sternhell : C’est un vote très important même s’il n’a qu’une valeur symbolique. Que la France dise à l’opinion publique israélienne qu’elle souhaite la solution à deux Etats, car c’est ce que signifie la reconnaissance d’un Etat palestinien, c’est très important. La solution à deux Etats est la seule solution raisonnable pour éviter un Etat bi-national qui serait en état de guerre civile permanente ou bien une solution d’Apartheid qui existe déjà en Cisjordanie.

Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, dit qu’il faut d’abord passer par les négociations pour la création d’un Etat palestinien et ne pas faire l’inverse : reconnaître l’Etat palestinien avant des négociations…

Ce qu’il veut dire c’est qu’on va négocier jusqu’à la fin des temps ! Il parle sans arrêt des négociations mais ça ne marche pas. Il ne veut pas bouger ! Si personne ne le comprend, à Paris ou à Washington ou ailleurs, alors que font les centaines de diplomates qui travaillent sur ces questions ? Ça crève les yeux : Netanyahou ne veut pas de solution. Il pense que la situation actuelle peut durer sine die. Ça ne dérange pas les Israéliens. Les Palestiniens, eux, n’ont pas les moyens de changer le rapport de force. Alors pourquoi diable se presser ?

Dans ce cas, le vote des pays européens en faveur de la reconnaissance d’un Etat palestinien peut faire bouger les choses ?

Ce vote va dans le sens des intérêts vitaux de la société israélienne. Le gouvernement israélien n’en veut pas car il est d’extrême droite. A côté, Marine Le Pen (dirigeante d’extrême droite en France, NDLR) passe pour une dangereuse gauchiste. C’est une droite dure, nationaliste, fanatique avec une coloration religieuse en plus.

Ces gens-là ne veulent pas bouger. Ils veulent annexer la Cisjordanie, ils refusent de reconnaître que les territoires acquis en 1967 sont des territoires occupés. Pour eux, ne pas bouger est une fin en soi. Pour nous, ne pas bouger ce sera la fin d’Israël. Ceux qui en Europe commencent, après tant d’années à comprendre qu’il faut faire quelque chose, nous aident à résoudre un problème dont dépend l’avenir de notre pays, de nos enfants et de nos petits-enfants.

Mais vous n’êtes pas nombreux en Israël à partager ce point de vue ?

Nous ne représentons pas la majorité, bien que la majorité des Israéliens est en faveur de la création d’un Etat palestinien. Mais aujourd’hui la plupart des Israéliens sont prisonniers de la surenchère nationaliste. Dans une situation de tension, il est beaucoup plus facile de mobiliser les gens sur la base d’une surenchère nationaliste plutôt que sur une base raisonnable, qui, elle, passe moins bien sur la place publique que les slogans nationalistes.

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