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Israël

Israël: les élections anticipées fixées au 17 mars 2015

Le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le Premier ministre Benyamin Netanyahu à la Knesset, le 1er décembre.
Le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le Premier ministre Benyamin Netanyahu à la Knesset, le 1er décembre. REUTERS/Ronen Zvulun

Le Parlement israélien a décidé de fixer au 17 mars prochain les élections législatives anticipées. Décision qui fait suite à une crise gouvernementale provoquée par le Premier ministre lui-même. Benyamin Netanyahu a limogé deux de ses ministres récalcitrants. Il envisage une coalition « plus stable et plus forte », en clair débarrassée des éléments contestataires et probablement plus à droite.

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De notre correspondante à Jérusalem,

La crise couvait depuis plusieurs semaines. Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien était contesté au sein de son gouvernement par plusieurs ministres. Ceux d’extrême droite d’abord, qui trouvaient sa politique pas assez ferme, notamment envers les Palestiniens. Et plus récemment, les ministres des partis centristes, qui contestaient, eux, les dérives droitières du Premier ministre. Tzipi Livni, à la Justice, et Yaïr Lapid, aux Finances, ont particulièrement critiqué le projet de loi renforçant le caractère juif de l’Etat d’Israël, projet de loi jugé antidémocratique et discriminatoire. Benyamin Netanyahu, qui en a fait un cheval de bataille, n’a pas apprécié. Il a donc limogé les deux ministres rebelles, qualifiés au passage de « putschistes ».

Expliquant qu’il ne pouvait continuer à gouverner de cette façon, le Premier ministre israélien a convoqué des élections anticipées. Mais en sabordant son gouvernement, ne prend-il pas un risque ? Selon les derniers sondages, son parti le Likoud (droite traditionnelle), remporterait le scrutin s’il avait lieu aujourd’hui. Benyamin Netanyahu pourrait donc prétendre à un quatrième mandat. Mais « rien ne garantit qu’il puisse y arriver », explique le politologue israélien Ilan Greilsammer qui rappelle que les élections législatives en Israël sont à la proportionnelle et qu’il faut donc créer des alliances pour gouverner. Benyamin Netanyahu souhaiterait renouer avec les partis ultra-orthodoxes. Il pourrait aussi continuer à gouverner avec les partis de sa coalition actuelle, l’extrême droite nationaliste et religieuse. Ce qui donnerait un gouvernement encore plus extrémiste qu’aujourd’hui. La gauche, elle, cherche un accord avec les centristes répudiés du gouvernement pour offrir une alternative.

« De l’opportunisme politique, un gâchis d’argent public »

Les élections anticipées convoquées pour le 17 mars 2015 auront lieu deux ans avant la date prévue. La décision est très critiquée dans la rue comme dans la presse israélienne. « C’est juste de l’opportunisme politique, ça ne sert pas la société israélienne, c’est un gâchis d’argent public », selon Elie, enseignant à Jérusalem. « Ces élections relèvent d’une politique immature et d’inimitiés personnelles », écrit le Jérusalem Post, journal de droite. Par ailleurs, les dossiers et les projets de lois risquent d’être bloqués pendant trois mois, pendant la campagne électorale. « Je ne pense pas que les choses avancent sur le plan économique ou social, regrette Ilan Greilsammer, ou sur le plan extérieur comme sur le processus de paix avec les Palestiniens. Les choses vont être mises en hibernation, jusqu’aux élections au moins, ce qui est évidemment assez grave. »

Le Parlement israélien doit valider définitivement lundi prochain la tenue des élections anticipées. Ensuite, chaque parti politique va s’organiser, certains feront des primaires pour désigner leur tête de liste. Enfin il y aura la campagne, qui a en fait déjà commencé. A l’extrême droite, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a publié dès la semaine dernière une plateforme politique. Il y propose un plan de paix avec les Palestiniens, qui encouragerait financièrement les Arabes israéliens à partir vivre dans des territoires sous l’autorité palestinienne. Tzipi Livni, l’une des deux ministres limogées, est aussi entrée en campagne en se posant en défenseur de la démocratie et en rempart contre l’extrémisme. La campagne s’annonce dure, y compris pour Benyamin Netanyahu, qui même s’il est en tête des sondages, devra défendre son bilan.

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