Accéder au contenu principal
Israël / Benyamin Netanyahu

Les Israéliens réagissent aux élections anticipées

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors d'une conférence à Jérusalem, le 27 août 2014.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors d'une conférence à Jérusalem, le 27 août 2014. REUTERS/Nir Elias
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les élections anticipées en Israël auront lieu le 17 mars prochain. Le Parlement a fixé la date ce mercredi 3 décembre. Benyamin Netanyahu a provoqué une crise politique en limogeant hier deux ministres récalcitrants à sa politique. Les sondages lui sont favorables et il pourrait rester à son poste de Premier ministre, en conduisant un gouvernement encore plus à droite qu'aujourd'hui. Mais ces élections anticipées ne font pas l'unanimité chez les Israéliens.

Publicité

Avec notre correspondant à Jérusalem, Murielle Paradon

Le gouvernement va continuer à fonctionner, sans ses ministres limogés, et le Parlement est censé continuer à voter des lois. Mais une certaine paralysie est attendue. Le projet de loi controversé sur l’Etat juif a, par exemple, peu de chances de passer avec les centristes qui n’en veulent pas et qui sont maintenant dans l’opposition.

Et les dirigeants politiques vont être concentrés sur leur campagne électorale qui va durer seulement trois mois. Chacun cherche déjà des alliances possibles, car en Israël on gouverne avec des coalitions. La gauche pourrait chercher du côté du centre.

Tzipi Livni, l’une des deux ministres limogés, est partie en campagne en affirmant : « Je serai celle qui défend le sionisme contre l’extrémisme. » De son côté, Benyamin Netanyahu a fait savoir qu’il voudrait faire revenir les partis ultra-orthodoxes dans une future coalition. Selon les sondages, le parti de droite est favori et le Premier ministre sortant pourrait donc effectuer un quatrième mandat. Ce qui fait dire à un certain nombre de commentateurs en Israël que ces élections anticipées sont superflues et qu’elles ne servent que des intérêts politiciens.

« C'est juste de l'opportunisme politique »

Que pensent les Israéliens de ces nouvelles élections, deux ans avant la date prévue ? A la terrasse d’un café à Jérusalem, Brigitte, 55 ans, a suivi la décision de Benyamin Netanyahu de limoger les ministres récalcitrants à sa politique et de convoquer des élections anticipées. Elle trouve cela logique : « Le Premier ministre a dit qu’il avait du mal à fonctionner dans ce gouvernement. C’est mieux de dissoudre le gouvernement et de reformer un nouveau gouvernement. »

Eli, lui, n’est pas du tout du même avis. Cet enseignant dénonce l’organisation de nouvelles élections comme de la politique politicienne : « C’est juste de l’opportunisme politique, ça ne sert à rien pour la société, c’est dommage, c’est un gâchis d’argent public. »

Dans son commerce, Nathalie est désabusée, elle estime que quelque soit les responsables politiques en Israël, la situation ne changera pas sur le terrain : « De croire que la politique va arranger le problème numéro un qui est la sécurité d’Israël avec la création ou non d’un Etat palestinien... Ca, malheureusement, on n’arrive jamais à une solution. » Nathalie explique qu’elle n’ira pas voter pour les prochaines élections. Pour son avenir, elle préfère s’en remettre à Dieu.


Les Palestiniens, entre crainte et indifférence

Avec notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert

Dans sa librairie qui fait aussi kiosque à journaux, Ajmal Nasser a découvert ce matin en lisant la presse l'annonce d'élections anticipées en Israël. Pour ce vieux monsieur qui suit de très près d'actualité, le départ forcé des ministres centristes n'annonce rien de bon pour les Palestiniens. « Ce nouveau vote ne changera rien pour nous. Peut-être même que ce sera pire. Il y a même certaines rumeurs qui disent que les Israéliens pourraient réoccuper Ramallah encore une fois. Netanyahu a renvoyé deux membres de son gouvernement, dont la ministre Livni. C'était la seule qui était prête à négocier avec les Palestiniens. Elle n'était pas comme Netanyahu », estime Ajmal Nasser.

Si ce libraire craint le pire, la plupart des Palestiniens semblent indifférents aux résultats qui sortiront des urnes. Ils réclament la fin de l'occupation, ce que ne propose aucun parti, analyse Kamal, originaire du nord de la Cisjordanie. « Pour moi, ce n'est pas important. Il n'y a qu'une chose que l'on souhaite : c'est qu'on nous laisse en paix. Et je pense que tous les partis israéliens, une fois élus, n'empêcheront pas les colons d'agir. Donc je pense qu'on va subir un nouveau mauvais gouvernement », prédit-il.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.