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Territoires palestiniens

Mort d'un responsable palestinien lors de heurts avec Tsahal

Ziad Abou Eïn, en prise avec des soldats israéliens ce mercredi 10 décembre 2014 à Turmus Ayya, soit juste avant sa mort.
Ziad Abou Eïn, en prise avec des soldats israéliens ce mercredi 10 décembre 2014 à Turmus Ayya, soit juste avant sa mort. AFP PHOTO / ABBAS MOMANI
Texte par : RFI Suivre
3 min

Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, a dénoncé ce mercredi 10 décembre « un acte barbare qui ne peut être ni accepté ni toléré ». Une déclaration qui fait suite à la mort d’un responsable palestinien, Ziad Abou Eïn, en charge du dossier de la colonisation au sein de l'Autorité, dans des heurts avec des soldats israéliens en Cisjordanie occupée.

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Ziad Abou Eïn participait à une manifestation dans le village du Turmus Ayya, près de Ramallah, quand il a trouvé la mort, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon.La manifestation avait pour but de planter des oliviers près d'une colonie israélienne située non loin de Ramallah pour dénoncer la confiscation des terres palestiniennes.

Selon des journalistes présents sur place, les manifestants se sont heurtés à une trentaine de soldats israéliens. Les soldats ont d'abord tiré des gaz lacrymogènes, sans succès. Les manifestants se sont ensuite rapprochés d'eux et c'est là que l'incident a eu lieu. Selon les journalistes des agences AFP et Reuters sur place, Ziad Abou Eïn aurait été brutalement repoussé. Une photo prise au moment des échauffourées montre un soldat israélien tenant le ministre par le cou.

« Nous étions dans une action pacifique. L’armée israélienne a agressé les gens présents, les manifestants, y compris des Européens, raconte Mohamed Muhesen, l'assistant du ministre qui était aussi sur place. Un soldat a attaqué le ministre en le frappant avec son arme contre sa poitrine. Ensuite, il a été frappé au cou et sous la ceinture. Il est tombé à terre et il a été frappé par les bottes des soldats. Ils ont lancé des dizaines de gaz lacrymogènes contre les manifestants et le ministre.»

Vives tensions

« Nous avons vu qu’il était par terre très fatigué, il n’arrivait pas à respirer, poursuit-il. On a essayé de faire de l’assistance respiratoire, jusqu’à l’hôpital. Ensuite, nous sommes arrivés à l’hôpital de Ramallah, où on a constaté qu’il était mort. » Pour l'heure, l'armée israélienne se contente d'indiquer que les circonstances de l'incident sont en cours d'examen.

Ziad Abou Eïn était très militant. Chargé du dossier de la colonisation auprès de l’Autorité palestinienne, il manifestait régulièrement, keffieh palestinien autour du cou. Sa mort intervient dans un contexte tendu entre Israéliens et Palestiniens. Depuis plusieurs mois, les violences se multiplient, que ce soit en Cisjordanie occupée ou à Jérusalem, où il y a eu plusieurs attentats. Les Palestiniens protestent contre l’occupation israélienne, la colonisation et les provocations de juifs extrémistes sur l'esplanade des Mosquées. Ces derniers jours, les attaques s’étaient calmées, mais les manifestations n’ont jamais vraiment cessé, provoquant des affrontements avec les forces israéliennes.


■ RÉACTIONS

Pour le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le décès de Ziad Abou Eïn résulte d'une « attaque brutale qui a provoqué la mort ». Selon lui, il s'agit d'un « acte barbare qui ne peut être ni accepté ni toléré ». Des propos rapportés par l'agence palestinienne WAFA. M. Abbas a décrété trois jours de deuil et annoncé une enquête. De son côté, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a appelé l'Autorité palestinienne à stopper toute coopération sécuritaire avec Israël. « Le moment est venu de rassembler nos forces face à l'occupation criminelle sioniste et de cesser toute coordination sécuritaire avec l'occupant », plaide le Hamas dans un communiqué.

L'Union européenne a demandé une enquête « immédiate » et « indépendante » sur les circonstances de la mort du ministre. « Les informations sur un usage excessif de la force par les forces de sécurité israéliennes sont très inquiétantes », a déclaré dans un communiqué la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

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