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Israël / Liban

L’ONU demande à Israël de verser 856 millions de dollars au Liban

Une plage polluée de Beyrouth lors de la marée noire en juillet 2006.
Une plage polluée de Beyrouth lors de la marée noire en juillet 2006. © AFP/Patrick BAZ
Texte par : RFI Suivre
3 min

L'Assemblée générale des Nations unies s'est prononcée, samedi 20 décembre, pour qu'Israël verse 856,4 millions de dollars de dédommagements au Liban. Elle sanctionne ainsi la marée noire qui avait souillé le littoral du pays pendant la guerre contre le Hezbollah en 2006.

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Dès le début du conflit en 2006 entre Israël et le Liban, les frappes israéliennes ont détruit les réservoirs de la centrale électrique de Jieh, à une trentaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Ceci avait entraîné une pollution marine dans une région déjà fragilisée. Les cuves endommagées ont relâché en mer entre 10 000 et 15 000 tonnes de fioul lourd qui s’est répandu sur plus de 100 kilomètres de côtes.

Une marée noire à peu près équivalente à celle provoquée par le naufrage de l’Erika en France en 1999, l’une des plus grandes catastrophes écologiques en Méditerranée. « C’est une goutte de fioul dans une mer poubelle, mais une goutte de trop », disait à l‘époque un expert qui s’inquiétait des conséquences pour la mer Méditerranée.

Il a fallu attendre trois semaines que les armes se taisent pour que les opérations de dépollution puissent commencer. Un travail délicat sur cette côte rocheuse. Un site de reproduction de tortue sur la plage de Tyr et le port historique de Byblos avait été touchés. « Même s’il s’agit d’un acte de guerre, il faudra demander réparation », avaient déclaré les défenseurs de l’environnement. L’Assemblée générale des Nations unies leur a finalement donné raison.

« Une victoire politique et diplomatique », pour le Liban

Le Premier ministre libanais s'est félicité de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies, fruit des efforts diplomatiques déployés par la délégation permanente du Liban à l’ONU. C'est une grande victoire politique et diplomatique pour le pays, a commenté Tammam Salam dans un communiqué publié samedi, nous rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Le chef du gouvernement a ajouté que Beyrouth va poursuivre ses efforts pour obtenir la mise en œuvre effective de cette résolution non contraignante. Il a espéré que cette décision fera jurisprudence dans le droit international pour sanctionner Israël. Il a réclamé dans ce contexte la fin de l'occupation par l'Etat hébreu des hameaux de Chebaa et des collines de Kfarchouba, à l'extrême sud-est du Liban. Il a aussi réaffirmé l'attachement de Beyrouth à son droit à l'exploitation de ses ressources hydrauliques, son pétrole et son gaz, dans une zone maritime, dont une partie est revendiquée par Israël.

Israël dénonce une décision partiale

Pour Israël en revanche, cette résolution n’est qu’une nouvelle décision anti-israélienne de la part de l'ONU, nous indique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Un diplomate israélien ajoute qu'elle entre dans la lignée de nombreuses autres décisions de ce type au sein de l'organisation dont Israël est accoutumé. Au ministère israélien des Affaires étrangères, on souligne le fait qu'il s'agit d'une décision partiale et non contraignante. L'ONU n'a jamais cessé d'attribuer le coût des dommages de guerre au côté israélien, indique-t-on. À aucun moment il n'a été mentionné que le conflit a éclaté à la suite d'attaques en provenance du Hezbollah. De source non officielle, on souligne encore qu'aucune suite ne sera donnée du côté israélien à cette résolution de l’Assemblée générale.

Les Israéliens craignent que cette décision ne soit en fait le coup d'envoi de demandes d'indemnités du même genre, notamment après l'opération Bordure protectrice de l'été dernier dans la bande de Gaza. Et on rappelle que sur un autre plan, une équipe d’arbitrage suisse a reconnu le droit de l’Iran à recevoir 50 millions de dollars en réparation de la part d’Israël pour les biens abandonnés après la Révolution islamique. En l’occurrence le pipeline Ashkelon Eilat, un oléoduc qui le mois dernier a provoqué une grave pollution à la frontière entre Israël et la Jordanie.

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