Accéder au contenu principal
Territoires palestiniens / Justice

Territoires palestiniens: début du procès de Mohammed Dahlan, sans lui

Mohammed Dahlan a été exclu du Fatah en 2011.
Mohammed Dahlan a été exclu du Fatah en 2011. AFP PHOTO/ABBAS MOMANI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce dimanche 28 décembre, s’ouvre à Ramallah le procès de Mohammed Dahlan pour corruption. L'ancien chef de la sécurité de Gaza et actuel député palestinien vit en exil aux Emirats. Condamné une première fois en début d'année, le prétendant à la succession du président Mahmoud Abbas devrait utiliser cette tribune pour se remettre en selle.

Publicité

Avec notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert

Mohammed Dahlan a quitté le Proche-Orient en 2011. Exclu du Fatah, l'ancien proche de Mahmoud Abbas était devenu persona non grata. Plusieurs fois ministre, responsable de la sécurité à Gaza, Mohammed Dahlan était pressenti pour remplacer son ancien mentor. Ce dernier a tout fait pour l'en empêcher.

Condamné en mai 2014 à deux ans de prison pour insulte aux institutions de l'Etat et diffamation envers l'actuel président de l'Autorité palestinienne, l'ancien homme fort de la Palestine avait déjà fui aux Emirats, où il réside depuis. Ce nouveau procès est une parodie de justice, dénonce son avocat français Sévag Torossian. « Monsieur Mohammed Dahlan et la défense ont appris par voie de presse qu’il y avait une audience qui le concernait. Donc pas de citation, nous n’avons aucune connaissance du dossier, de l’acte d’accusation. La défense a demandé à plusieurs reprises copie du dossier, comme on le fait naturellement dans toute démocratie. Cela a été refusé. Il semble que l’accusation soit absolument ridicule. C’est complètement disproportionné », critique ainsi Maître Torossian.

La défense de Mohammed Dahlan dénonce un procès politique. L'Autorité palestinienne, de son côté, défend que la justice est indépendante. L'ancien ministre, qui ne se rendra pas à Ramallah, compte utiliser cette fenêtre pour accuser le pouvoir en place.


Mohammed Dahlan, le sulfureux

Mohammed Dahlan est né en 1961 dans le camp de réfugiés de Khan Younès. Il a passé sa jeunesse à jeter des pierres contre les soldats israéliens. Il devient vite chef du mouvement de jeunesse du Fatah, le parti de Yasser Arafat qu’il contribue à mettre sur pied en 1981. Il est emprisonné 11 fois par les Israéliens entre 198 et 1986 pour son appartenance au mouvement. C'est là sans doute qu'une grande partie de son destin se joue.

Il apprend l’hébreu pendant son incarcération et, une fois libéré, termine ses études de gestion à l’université islamique de Gaza. Il rentre alors dans son fief de Gaza avec Yasser Arafat en 1994. Arafat fera de lui le chef des Forces de sécurité préventive de la Bande de Gaza. Une carrière fulgurante qui n'échappe pas aux critiques. Ses adversaires disent de lui qu'il a travaillé avec la CIA, ce qu'il ne nie pas. Son rôle était de mater le Hamas, rebelle aux injonctions du Fatah, ce qui convenait très bien aux Etats-Unis et à Israël.

Fort de ses appuis et d'une immense fortune qu'il a acquise depuis et qui se chiffre à des centaines de millions de dollars, ses appétits politiques s'aiguisent. Il envisage à un moment de renverser Yasser Araraf. En 2007, au moment des plus forts combats entre le Fatah et le Hamas, il ne doit son salut que dans la fuite. Il se réfugie d'abord en Égypte puis dans les pays du Golfe.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.