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Territoires Palestiniens/Israël/CPI

Réactions contrastées à la demande d’adhésion à la CPI de la Palestine

Parmi les implications de la demande d'adhésion de la Palestine à la CPI, figure la possible plainte contre des officiers israéliens pour «crimes de guerre», lors de l'opération «Bordure protectrice».
Parmi les implications de la demande d'adhésion de la Palestine à la CPI, figure la possible plainte contre des officiers israéliens pour «crimes de guerre», lors de l'opération «Bordure protectrice». © RFI/Murielle Paradon
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La signature mercredi par Mahmoud Abbas d’une demande d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) a provoqué une vive réaction des Etats-Unis. Côté israélo-palestinien, les avis sont plus partagés.

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Le département d’Etat américain n’y va pas de main morte. Se disant « profondément troublé par l’action des Palestiniens », l’un de ses porte-paroles, Jeffrey Rathke, dénonce une « escalade contre-productive qui ne fait rien pour les aspirations du peuple palestinien à avoir un Etat souverain et indépendant ».

Il estime que cela ne peut créer un climat propice à un accord avec ceux avec lesquels, en fin de compte, ils doivent faire la paix et il rappelle que les Etats-Unis sont opposés aux actions des deux camps qui peuvent saper la confiance. « Chaque mois qui passe sans engagement constructif des deux parties ne fait que polariser un peu plus les positions et laisse la place aux actes de déstabilisation », poursuit le communiqué.

La réaction de Washington n’a rien de surprenant. Les Etats-Unis se sont toujours opposés à une démarche unilatérale des Palestiniens devant des organisations internationales, jugeant que le conflit israélo-palestinien ne peut être réglé que par des négociations directes. Même si celles-ci sont interrompues depuis avril, John Kerry n’a pas abandonné l’espoir de les relancer.

« Crimes de guerre »

Un avis partagé par professeur Ilan Greilsammer, professeur en sciences politiques à Jérusalem. Il estime que l'appartenance à la CPI ouvrirait la voie à des poursuites pour « crimes de guerre » contre des dirigeants israéliens. « Si on vous dit : "maintenant, on ne va pas négocier, on va vous mettre en accusation devant un tribunal, alors vous dites : si c’est comme ça, je ne fais rien. Qui peut me dire ce qui serait mon intérêt ?" OK, la CPI condamnerait les officiers israéliens qui ont participé à l’opération de Gaza [opération « Bordure protectrice », ndlr]. Et après ? », questionne-t-il. « En quoi la cause palestinienne pour la création d’un Etat palestinien aurait avancé, en raison de cette mise en accusation ? Ce n’est pas la bonne idée. C’est peut-être l’idée désespérée de gens qui voient que rien ne bouge, mais ça ne mènera certainement à rien. Il faudrait que les Palestineiens mobilisent leurs amis, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, pour faire pression pour l’arrêt total de l’implantation de constructions dans les territoires occupés […] Et à mon avis, ça peut réussir. »

Autre son de cloche chez le diplomate palestinien Majed Bamya. Selon lui, l’adhésion à la CPI représenterait un pas important. « Vu la situation au Conseil de sécurité [de l'ONU] et l’échec à adopter une résolution contre l’occupation israélienne, le peuple palestinien et sa direction continuent leurs démarches et leur lutte pour la libération. Il était donc important d’envoyer un signal fort, à savoir qu’on ne permettra à personne de s’interposer entre nous et notre destin. Nous avons par conséquent signé un certain nombre de traités qui viennent confirmer que nous sommes un Etat qui compte agir, auprès de la Cour pénale internationale notamment, de façon à ce que l’occupation israélienne ne soit protégée par aucun véto et aucun vote, et qu’il faudra y mettre un terme. » 

Majed Bamya revient également sur l’enjeu même de l’adhésion à la Cour pénale internationale, qui permettrait aux Palestiniens « d’avoir plus d’instruments politiques légaux, diplomatiques […] Nous espérons bientôt pouvoir voir des criminels de guerre, et ce au plus haut niveau, et donc le gouvernement de M. Netanyahu, poursuivis par les tribunaux internationaux.

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