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Israël

Des funérailles officielles en Israël pour les quatre juifs tués à Paris

Cérémonie officielle des obsèques des quatre victimes juives de la prise d'otages du supermarché casher de la porte de Vincennes.
Cérémonie officielle des obsèques des quatre victimes juives de la prise d'otages du supermarché casher de la porte de Vincennes. AFP/Jack Guez
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Les corps des quatre juifs tués vendredi à Paris dans l'attaque d'un supermarché casher sont arrivés en Israël mardi avant l'aube pour être enterrés à Jérusalem à la mi-journée. Une cérémonie en présence des familles des victimes et de toute la classe politique israélienne.

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article réactualisé avec notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon

Plus de 2 000 personnes ont assisté ce mardi à l'hommage officiel rendu aux quatre victimes de l'attentat de vendredi dernier. La cérémonie s'est déroulée dans le cimetière de Har Hamenouhot, à Jérusalem, là où reposent également les victimes de la tuerie de Toulouse, tuées par Mohamed Merah en 2012. Rappelons que deux des victimes de la prise d'otages de la semaine dernière sont françaises, une autre est tunisienne et la dernière est algéro-tunisienne. Aussi, dans les rues de Jérusalem, des drapeaux français ont été dressés.

«il n'a pas hésité à faire preuve de courage et au péril de sa vie à défendre ses colègues et ses clients du magasin»

Toute la classe politique est représentée à ces funérailles. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le président Reuven Rivlin ont parlé de même que le chef de l’opposition Ytzak Herzog, aux côtés des familles des victimes. Des discours entrecoupés de chants et de prière sur une tribune où sont alignés les quatre corps des victimes entourées de châles de prières. Il y a eu un moment particulièrement émouvant, ce matin, lorsque les familles ont allumé quatre grandes flammes en hommage aux quatre victimes. Elles ont eu ces quelques mots : « Yohan Cohen, petit ange parti trop tôt » a dit son oncle. Jonathan Saada a salué lui la mémoire de son père, François-Michel : « Il voulait vivre en Israël, maintenant il est là, il devrait être heureux ». Les quatre hommes - les deux autres sont Yohav Hattab et Philippe Braham- ne sont pas Israéliens mais ils étaient des juifs pratiquants. Pour cette raison leurs familles ont souhaité qu’ils soient enterrés à Jérusalem.

Ségolène Royal représente le gouvernement français

La France est représentée par Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie et numéro 3 du gouvernement, qui a pris la parole aussi à la mi-journée pour réaffirmer que l'antisémitisme n'a pas sa place en France et la « détermination sans failles » du gouvernement français à lutter contre toute acte d'antisémitisme. Le drame de la porte de Vincennes a provoqué une très vive émotion en Israël, notamment dans la communauté francophone, très importante dans le pays. Des milliers de personnes assistent à cette cérémonie, essentiellement des Franco-israéliens car il y a une grosse communauté juive francophone. Mais d’autres sont venus de Paris. Et derrière l’émotion, il y a cette question que beaucoup pose « Pouvons-nous encore vivre en France ? En tant que juif nous avons peur ! ». Certains évoquent le désir de partir vivre en Israël comme les autorités israéliennes les y encouragent.

La famille Hattab en deuil

L'une des victimes travaillait depuis un an au supermarché casher, Yohan Cohen, était de père algérien et de mère tunisienne. Les trois autres étaient venues faire leur course. Parmi elles, Yohav Hattab, âgé de 21 ans, de nationalité tunisienne. Il était arrivé en France après la chute de Ben Ali pour suivre des études ce commerce international. Selon son père, il a été tué en voulant neutraliser le preneur d'otage.

Lorsque Amedy Coulibaly a fait irruption vendredi dans le supermaché, le jeune homme fait partie de ceux se réfugient très vite au sous-sol. Mais avec d'autres personnes il finit par remonter à l'étage où se trouve le terroriste. Un survivant et son père racontent qu'il tente alors de s'emparer d'une de ses armes. Un geste courageux, mais vain. Amedy Coulibaly le tue immédiatement.

Pendant ce temps, en Tunisie, sa famille cherche à avoir de ses nouvelles en lui laissant des messages sur son téléphone et sur les réseaux sociaux. A la fin de la prise d'otage son frère croit même qu'il est libre, et s'en félicite sur une radio tunisienne. Mais dans la soirée la mauvaise nouvelle est annoncée.

Dans l'entourage de Yoav Hattab, on pleure aujourd'hui quelqu'un d'extraordinaire, et de très sociable. « Il était ami avec tout le monde, sans distinction de religion » confie Yamina Thabet, la présidente d'une association de défense des minorités qui connait la famille. Son père, grand rabbin de Tunis a salué aussi le courage de son fils sur le plateau de la chaîne de télévision France 2. « C'était le plus actif de mes enfants, j'étais en train de préparer son mariage », confie l'homme meurtri.

Benyamin Hattab raconte aussi que le jeune Yoav ne portait plus la kippa en France, car « ça lui attirait trop d'ennuis », avait-il expliqué.

Les cercueils des quatres juifs tués lors de l'attaque du supermaché casher de la porte de Vincennes vendredi 8 janvier sont arrivés en Israël cette nuit pour être inhumés à la mi-journée
Les cercueils des quatres juifs tués lors de l'attaque du supermaché casher de la porte de Vincennes vendredi 8 janvier sont arrivés en Israël cette nuit pour être inhumés à la mi-journée REUTERS/Zaka

 

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