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Egypte

Amnesty dénonce les violences faites aux femmes en Egypte

Une manifestante proteste, place Tahrir, contre les violences faites aux femmes par l'armée, le mardi 20 décembre 2011.
Une manifestante proteste, place Tahrir, contre les violences faites aux femmes par l'armée, le mardi 20 décembre 2011. CITIZENSIDE/KEVIN HANI

En Egypte, les violences faites aux femmes sont dénoncées dans un nouveau rapport d’Amnesty International. Des réformes fragmentaires, des lois insuffisantes et surtout l’impunité encouragent dans le pays une culture généralisée des violences sexuelles fondées sur le genre, affirme l’organisation de défense des droits de l’homme.

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Amnesty International n’a pas pour habitude de prendre des gants et ce sont les autorités du Caire qui sont ici directement pointées du doigt dans ce rapport au titre accusateur : « Le cercle infernal : Violences domestiques, violences publiques et violences d’Etat contre les femmes en Egypte ».

Pour Frances Shaely-Salinié, la responsable de la coordination Egypte à Amnesty International, la liste des agressions est très longue : « Les femmes mariées ou divorcées qui ont subi les violences physiques de leur mari ; il y a aussi 91 % des femmes égyptiennes qui sont excisées ; autre chiffre terrible et qui parle tout seul : l’Egypte compte plus de 37,3 % de femmes-filles de plus de dix ans qui sont analphabètes. Il reste donc, vous le voyez, beaucoup à faire pour qu’il y ait un espoir de progrès vers l’égalité homme-femme en Egypte ».

Ce rapport est destiné notamment à faire pression sur les parlementaires qui seront élus lors des élections de mars et de mai prochain. Même si la plupart seront encore des hommes, sachant que les femmes sont très peu présentes dans la vie publique en Egypte, avec seulement 11 % de femmes cadres fonctionnaires.

Violences physiques et discrimination à l'emploi

Des violences dans le cadre du foyer familial quand la loi égyptienne donne tous les droits aux maris en cas de divorce notamment, mais aussi des agressions en public. Si les autorités, à commencer par le président Abdel Fattah al-Sissi, se sont engagées à s’attaquer au fléau du harcèlement sexuel, pour l’instant la loi na rien fait contre l’impunité.

« Nous avons depuis les manifestations de la révolution de janvier 2011 des centaines de femmes victimes d’agression sexuelle et/ou physique pendant les manifestations. Certains des agresseurs ont été interpelés, mais un seul d’entre eux a été amené devant un tribunal. C’est d’ailleurs la même chose pour les médecins lors de décès de fillettes pendant les opérations d’excision, aucun n’a été jusqu’à présent condamné », explique Frances Shaely-Salinié.

Le rapport d'Amnesty dénonce également les violences faites aux détenues dans les prisons. Et plus généralement, la discrimination dont sont victimes les femmes dans la société, à commencer par l’emploi. L’Egypte compte 24 % de femmes au chômage, pour 9,2 % de chômeurs selon ce document publié ce mercredi 21 janvier par l’organisation de défense des droits humains.

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