Egypte

Egypte: la mort de Shaima al-Sabbagh bouleverse les réseaux sociaux

Environ 200 Egyptiennes étaient réunies au Caire pour manifester et accuser la police du meurtre de Shaima al-Sabbagh, le 29 janvier 2015.
Environ 200 Egyptiennes étaient réunies au Caire pour manifester et accuser la police du meurtre de Shaima al-Sabbagh, le 29 janvier 2015. MOHAMED EL-SHAHED / AFP

Le meurtre samedi dernier en Egypte de la militante de gauche Shaima al-Sabbagha a provoqué une tempête sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes ont accusé les forces de l’ordre d’avoir sciemment tué la jeune femme. Des politiciens et des éditorialistes de renom ont aussi critiqué le pouvoir sur la Toile.

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Avec notre correspondant au Caire

Après la mort de Shaima al-Sabbagh dans les rues du Caire, la police a été violemment prise à partie sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes ont accusé les forces de l’ordre d’avoir sciemment tué la militante. Photos et clips vidéos ont circulé sur Facebook montrant les policiers anti-émeutes tirer des grenades lacrymogènes et charger la petite manifestation.

On y voit aussi Shaïmaa, le visage ensanglanté, puis portée par un jeune homme cherchant vainement des secours. Des images qui vont faire le tour du Net mais aussi des chaînes de télévision privées. Des chaînes qui exigent que la lumière soit faite malgré les démentis de la police.

Shaima al-Sabbagh, tuée samedi 24 janvier dans les rues du Caire.
Shaima al-Sabbagh, tuée samedi 24 janvier dans les rues du Caire. REUTERS/Al Youm Al Saabi Newspaper

Contre-attaque du camp opposé

Les partisans du président Abdel Fattah al-Sissi ont organisé une contre-attaque sur les réseaux sociaux. Et surtout les anti-Frères musulmans. Ces derniers soutiennent que ce sont des membres de la confrérie qui ont tué Shaima et tentent de démonter photos et clips vidéos pour y chercher des éléments étayant leur thèse.

Ils n’hésitent pas à accuser le parti de la Coalition populaire socialiste de rouler pour le compte des Frères musulmans. Ils en veulent pour preuve la vague d’attentats à la bombe qui a frappé le pays le lendemain de la mort de Shaima al-Sabbagh, jour anniversaire du soulèvement contre Hosni Moubarak. Ils répercutent enfin les déclarations du ministre de l’Intérieur, selon lequel « il livrerait personnellement le coupable à la justice si c’était un de ses hommes ».

Abdel Fattah al-Sissi, pointé du doigt

Aujourd’hui, ce sont des politiciens et des éditorialistes de renom qui critiquent le pouvoir sur la Toile. Et cela est beaucoup plus préoccupant pour le pouvoir. On a ainsi vu plusieurs chefs de parti politique déclarer sur les réseaux sociaux qu'Abdel Fattah al-Sissi était responsable de la mort de Shaima al-Sabbagh en tant que président de la République.

Des réseaux où ont foisonné les articles et les programmes de télévision d’éditorialistes célèbres accusant la police d’être, sinon directement responsable de la mort de la jeune militante, au moins indirectement responsables, puisque la sécurité des alentours de la fameuse place Tahrir incombait aux forces de l’ordre. Jeudi après-midi, des dizaines de femmes ont manifesté près du lieu où Shaima al-Sabbagh a été tuée. Une manifestation qui a eu peu d’échos sur les médias classiques mais qui a fait vibrer la Toile.

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