Egypte

Egypte: l'imam d'al-Azhar appelle à «crucifier» les membres de l’EI

Le cheikh Ahmed al-Tayeb, grand imam de la mosquée d'al-Azhar, lors de sa rencontre avec le président François Hollande à Riyad le 24 janvier 2015.
Le cheikh Ahmed al-Tayeb, grand imam de la mosquée d'al-Azhar, lors de sa rencontre avec le président François Hollande à Riyad le 24 janvier 2015. AFP PHOTO / POOL / YOAN VALAT

Le grand imam de la Mosquée égyptienne d’al-Azhar, haute autorité morale de l’islam sunnite, a estimé mercredi 4 février que les membres du groupe Etat islamique devaient être tués et crucifiés. Le cheikh Ahmed al-Tayeb réagissait à l’assassinat du pilote jordanien par les jihadistes.

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Les déclarations du cheikh Ahmed al-Tayeb ont été accueillies de manière mitigée, nous indique notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Certains y ont vu « une réaction tardive mais bienvenue de l’Azhar contre le groupe Etat islamique ». D'autres ont été choqués par la violence des propos qui, selon eux, « rejoignent les justifications données par l’Etat islamique pour ses actes barbares ».

Le cheikh al-Tayeb s’est en réalité référé à un verset du Coran selon lequel « ceux qui font la guerre à Allah et son messager et sèment la corruption sur la terre seront tués ou crucifiés ou bien leur main droite et leur pied gauche seront coupés ».

Les images du pilote jordanien brûlé vif par le groupe Etat Islamique qui ont été diffusées par plusieurs chaînes de télévision arabes ont provoqué de très violentes réactions de la part de l’opinion publique. Une opinion convaincue que les membres de l’Etat islamique sont les vrais ennemis d’Allah et de son prophète.

Le Moyen-Orient indigné par l'exécution

En Arabie saoudite, le nouveau roi Salman ben Abdel Aziz a estimé dans un télégramme de condoléances au souverain jordanien que cette exécution était « contraire à l'islam et à toutes les valeurs de l'humanité ». Une analyse que partagent les autres monarchies du Golfe.

En Turquie, le président Erdogan a estimé que « cette violence commise par Daesh (un acronyme de l'EI) n'a rien à voir avec notre religion ». En Syrie, le ministère des Affaires étrangères a condamné un « crime terroriste ignoble » et proposé à la Jordanie voisine de coopérer pour lutter contre le terrorisme. Le quotidien El-Watan, proche du pouvoir, estimait cependant que la Jordanie payait le prix pour avoir autorisé à sa frontière « l'entrée de milliers de salafistes » en Syrie venus combattre le régime de Bachar el-Assad.

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