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Egypte

Le championnat de football égyptien replonge dans la folie meurtrière

Affrontements entre la police et les supporters, à proximité du stade, dans les faubourgs du Caire.
Affrontements entre la police et les supporters, à proximité du stade, dans les faubourgs du Caire. REUTERS/Al Youm Al Saabi Newspaper
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Trois ans après le drame de Port-Saïd, au moins une vingtaine de personnes ont été tuées avant un match de football au Caire dimanche 8 février, dans des accrochages entre policiers et supporters, selon un bilan du ministère de la Santé. Le championnat de première division a été reporté sine die. Dans le pays, c'est la consternation.

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Article mis à jour lundi avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

La rencontre opposant le Zamalek, premier du championnat à Enpi, deuxième, était le premier match avec public depuis la catastrophe, il y a trois ans, du stade de Port-Saïd. Le 1er février 2012, 74 personnes avaient été tuées dans des accrochages entre supporters. Le ministère de l’Intérieur avait autorisé la vente de 10 000 billets pour le match de dimanche. A 17 heures, il y avait 7 000 spectateurs à l’intérieur du stade, mais près de 10 000 autres cherchaient à entrer. La police est intervenue pour les en empêcher et c’est là que le drame a commencé.

Les supporters sont morts dans la bousculade provoquée par des tirs de grenades lacrymogènes, d'après la police. D’autres témoins affirment que les « ultras » du Zamalek ont tiré des feux d’artifice sur la police avant que les choses ne se dégradent. Malgré le drame, le match Zamalek-Enpi, comptant pour la 20e journée du championnat, s’est joué et s’est terminé sur un nul 1-1. Un résultat qui n’a aucune importance puisque le gouvernement a suspendu le championnat.

Les éditorialistes demandent le départ du ministre de l'Intérieur

Au lendemain des faits, la colère est unanime dans le pays, reflétée par les manchettes des journaux. « Le ballon sanglant », titre le quotidien El Watan. D'autres quotidiens parlent en Une de « Catastrophe » ou de « Nouveau Février noir » en référence au drame de Port-Saïd. Cette colère est d’abord dirigée contre les forces de l'ordre, qui ont autorisé le match avec public et affirmé qu’elles étaient capables de maintenir l’ordre. La police est accusée d’usage disproportionné de la force lors de chaque manifestation.

Beaucoup d’éditorialistes influents, y compris ceux proches du régime, réclament le limogeage du ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Ibrahim. Quelques voix s’élèvent aussi contre les associations de supporters « ultras » des grands clubs, devenus totalement incontrôlables. Et puis, il y a les tentatives de récupération politique. Ce lundi, des Frères musulmans s’en prennent à un « régime putschiste sanguinaire », tandis que les opposants à la confrérie accusent cette dernière d’avoir provoqué le drame.

Les corps sortent un à un de la morgue, Le Caire est en deuil

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