Territoires palestiniens / Israël

Les élections israéliennes vues de Cisjordanie

Le négociateur de l'Autorité palestinienne, Saeb Erakat, estime qu'avec la réélection de Netanyahu, la solution est de poursuivre les démarches auprès de la CPI.
Le négociateur de l'Autorité palestinienne, Saeb Erakat, estime qu'avec la réélection de Netanyahu, la solution est de poursuivre les démarches auprès de la CPI. AFP/Abbas Momani

Le Likoud est le grand vainqueur des élections israéliennes. La veille du scrutin, son chef, Benyamin Netanyahu, avait promis qu'il n'y aurait pas d'Etat palestinien s'il était réélu. En Cisjordanie, les premières réactions aux résultats n'ont pas tardé. Alors que les responsables de l'Autorité palestinienne ne semblent ni déçus ni surpris, les Palestiniens s'inquiètent surtout du dégel des taxes.

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Avec notre envoyé spécial à Ramallah,

A l'annonce des résultats, Saeb Erakat, le principal négociateur palestinien, a été le premier à réagir. « Avec la victoire de Benyamin Netanyahu, une seule solution s'offre à nous : poursuivre nos démarches à La Haye auprès de la Cour pénale internationale (CPI) », confie-t-il. 

Les autorités palestiniennes ont adhéré début janvier au Statut de Rome qui leur ouvre, à partir du 1er avril prochain, le droit de devenir membre de la CPI. Les Palestiniens veulent qu'Israël soit condamné pour crime de guerre lors de l'offensive de l'été dernier en Cisjordanie et à Gaza. 

Pour le responsable palestinien, l'actuel Premier ministre a été honnête durant sa campagne : il veut détruire la solution à deux Etats et poursuivre la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. A Ramallah, les dirigeants ne se faisaient guère d’illusion sur l'issue du scrutin ; aussi n'y a-t-il pas de déception palpable ce matin dans la ville où siège l'Autorité palestinienne.

La victoire de Netanyahu, une bonne nouvelle pour la stratégie palestinienne ?

Plusieurs responsables palestiniens confiaient ces dernières semaines, sous couvert d'anonymat, leur préférence pour un gouvernement de droite. Une coalition de centre gauche, prête à relancer des pourparlers de paix, aurait retardé la campagne palestinienne à la CPI et à l'ONU. Un plan de négociations de deux ans, qui avait été envisagé par l'Union sioniste, aurait de fait bloqué ces procédures. 

« Avec Benyamin Netanyahu, le monde sait à quoi s'attendre », confie un porte-parole de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui rappelle que depuis vingt ans, aucun progrès n'a été observé malgré des discussions quasiment interrompues. La communauté internationale doit maintenant prendre ses responsabilités et reconnaître l'Etat de Palestine : c'est la ligne affichée à Ramallah.

Le dégel des taxes, première inquiétude des Palestiniens

Depuis le début de l'année, Israël bloque les taxes qui reviennent à l'Autorité palestinienne. Il y en aurait pour près d'un demi-milliard de dollars. Un gel dénoncé par la communauté intertionale, y compris les Etats-Unis. Ce manque à gagner met en danger l'Autorité palestinienne. Les salaires des 180 000 fonctionnaires palestiniens ne sont plus payés qu'à hauteur de 60%, ce qui a des conséquences sur toute l'économie palestinienne.

En Cisjordanie, on attendait donc ce vote avec une certaine impatience. Non pas tant sur les résultats mais surtout pour que le futur gouvernement israélien revienne sur cette décision. La balle est désormais dans le camp du prochain Premier ministre.

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