Yémen

Yémen: Aden, nouvel objectif de la milice chiite houthis

A Taëz, ville du sud du Yémen, les fidèles au président Hadi combattent les miliciens chiites houthis.
A Taëz, ville du sud du Yémen, les fidèles au président Hadi combattent les miliciens chiites houthis. REUTERS/Anees Mahyoub

La milice chiite houthis qui contrôle la capitale Sanaa depuis des semaines progresse vers le sud, avec comme nouvel objectif la ville d'Aden. Dimanche 22 mars, ils ont conquis une partie de Taëz, la 3ème ville du pays. La situation au Yémen préoccupe au plus haut point la communauté internationale qui craint un scénario à la libyenne ou à l'irakienne. Les miliciens chiites houthis viennent précisément d'envoyer des renforts pour tenter de faire tomber Aden, le port yéménite du sud.

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Selon des sources militaires citées par l'AFP, ce sont plusieurs milliers d'hommes et des dizaines de blindés qui ont été acheminés dans une localité située à une trentaine de kilomètres de la ville de Taëz. Ces forces seront sans doute jetées dans la bataille qui s'annonce pour la prise de contrôle, non seulement de Taëz, mais aussi sans doute de la ville d'Aden où se trouve le président yéménite et la plupart des forces militaires qui lui sont restées fidèles.

Dans le courant de la nuit, deux convois militaires houtis se sont heurtés à une résistance très vive de forces tribales qui se sont rangées du côté du président yémenite. Ces convois faisaient route vers Aden, et ils ont dû finalement rebrousser chemin. Dimanche 22 mars, le chef de la milice chiite, la milice houtis, a lancé un appel à la mobilisation générale pour s'emparer du sud du pays, appel lancé deux jours après les attentats meurtriers qui ont fait plus de 140 morts à Sanaa.

Le Yémen fait face désormais à un risque de guerre civile généralisée. Dans une déclaration unanime adoptée dimanche soir à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé son soutien au président légitime, Abd Rabbo Mansour Hadi, et demandé la fin de toutes les ingérences extérieures qui attiseraient le conflit, référence implicite à l'Iran, qui est accusé de soutenir les Houtis.

 

Nous sommes passés à l'échelon supérieur dans la guerre sectaire. Car les gens dans les mosquées ont été ciblés exclusivement en fonction de leur appartenance et non en fonction de leur responsabilité dans l'appareil répressif qui ciblait al-Qaïda.

François Burgat, directeur de recherche à l’Institut de recherches sur le monde arabe et musulman à Aix en Provence

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