Etats-Unis / Yémen

Yémen: avancée des rebelles houthis, l’ONU soutient le président Hadi

Un tank positionné dans la ville d'Aden, le 22 mars.
Un tank positionné dans la ville d'Aden, le 22 mars. REUTERS/Yaser Hasan

Au Yémen, les Houthis ont continué d'avancer vers Aden, ce dimanche 22 mars, où est retranché le président Hadi. Ils ont pris le contrôle d'une partie de Taëz, la troisième plus grande ville du pays. Face à la détérioration de la situation, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence et a adopté une déclaration de soutien au président Hadi.

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Avec notre correspondante à New York, Charlotte Alix

Cette réunion, convoquée un dimanche après-midi, illustre l'inquiétude et le sentiment d'urgence qui animent la communauté internationale face aux derniers développements au Yémen. Sans aller jusqu'à parler d'un coup d'Etat, le Conseil de sécurité a une nouvelle fois condamné les mesures unilatérales prises par les rebelles Houthis. Il a aussi affiché clairement son soutien au président Hadi, retranché à Aden, la grande ville du Sud.

Les Quinze ont également martelé que seul le dialogue pourra résoudre ce conflit qui menace chaque jour un peu plus de se transformer en guerre confessionnelle. « Quelle autre alternative que le dialogue avons-nous ? », a d'ailleurs lancé l'émissaire de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar. Il a mis en garde : ni le camp du président Hadi, ni celui des Houthis n'ont les moyens de s'emparer du pays. Si les deux camps persistent à croire le contraire, le Yémen tombera dans la guerre civile à l'image de l'Irak, de la Syrie ou de la Libye.

Mais l'escalade des violences ces derniers jours ne pousse pas les diplomates à l'optimisme. Le Conseil de sécurité craint de voir al-Qaïda dans la péninsule arabique profiter de ce chaos. Les attentats anti-chiites de vendredi dernier dans deux mosquées de Sanaa, revendiqués par l’organisation Etat islamique, semblent leur donner raison.

Aden sera probablement le lieu de la bataille finale entre les Houthis et le président Hadi

Hisham al-Omeisy


■ Taëz, une ville stratégique

Les rebelles houthis se trouvent désormais à moins de 180 kilomètres du complexe où s’est réfugié le chef de l’Etat yéménite. La prise de l’aéroport militaire de Taëz dimanche, avec l’appui des soldats de l’ancien président Abdallah Saleh, permet aux miliciens chiites de tenir un point clé sur la route du Sud. La troisième ville du Yémen est située, en effet, sur le principal axe routier reliant la capitale Sanaa, au port d’Aden où sont localisées les forces fidèles au président Hadi.

Près de 300 hommes en tenues militaires, dont des combattants houthis, ont investi outre l’aéroport, des bâtiments gouvernementaux et la prison de Taëz. L’élément déclencheur serait le discours télévisé du chef de l’Etat la veille, annonçant qu’Aden était devenue de fait la capitale temporaire du pays. Le dirigeant en fuite a par ailleurs appelé à une « action urgente » du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les Houthis ont répliqué immédiatement accusant le chef de l’Etat de trahison et de vouloir diviser le pays. Des témoins dans le centre du pays affirment avoir vu des tanks et des véhicules militaires quitter le nord du Yémen en direction de Taëz dimanche. Ces soldats soutenus par une quarantaine de chars de l’armée yéménite ont été déployés dans le nord-ouest d’Aden indique pour sa part une source militaire à l’AFP, en prévision d’une nouvelle avancée des rebelles.

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