Pakistan

La participation à reculons du Pakistan dans les frappes au Yémen

Manifestation à Peshawar de l'organisation islamique Jamaat-ud-Dawa en soutien à l'intervention de l'Arabie saoudite au Yémen, le 3 avril 2015.
Manifestation à Peshawar de l'organisation islamique Jamaat-ud-Dawa en soutien à l'intervention de l'Arabie saoudite au Yémen, le 3 avril 2015. REUTERS/Fayaz Aziz

Le Parlement pakistanais doit tenir une séance spéciale ce lundi pour débattre de son éventuelle participation à l'opération militaire contre les rebelles houthis au Yémen. Islamabad est un proche allié de l'Arabie saoudite, mais doit aussi ménager son voisin iranien, opposé à toute intervention.

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Avec notre correspondante à IslamabadGaëlle Lussia-Berdou

Depuis le début de l'intervention lancée par les Saoudiens, le Pakistan entretient le flou sur sa volonté - ou non - d'y prendre part. Alors qu'au jour un de l'opération, Riyad annonçait déjà la participation de son allié, Islamabad se contentait d'assurer qu'il défendrait coûte que coûte la souveraineté du royaume, mais sans aller jusqu'à parler d'une intervention sur le territoire yéménite.

Une délégation pakistanaise s'est rendue la semaine dernière à Riyad, après quoi le Premier ministre, Nawaz Sharif, a affirmé que c'était au peuple, et donc au Parlement, de décider de la manière de résoudre le conflit au Yémen.

Le Pakistan est un allié très proche de l'Arabie saoudite, qui lui fournit une précieuse aide financière. Mais le « pays des purs » compte aussi une importante minorité chiite - environ 20% de sa population, et doit ménager ses relations avec la grande puissance chiite, l'Iran, qui est aussi son voisin.

Enfin, une partie de l'opinion se demande ce qu'irait faire l'armée pakistanaise dans la galère yéménite, alors qu'elle a bien d'autres chats à fouetter chez elle - les rebelles talibans, pour ne nommer qu'eux.

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