Arabie saoudite

L'épouse de Raïf Badawi mène campagne sur le Net pour sauver son mari

Affiche de soutien d'Amnesty international à Raïf Badawi.
Affiche de soutien d'Amnesty international à Raïf Badawi. Amnesty international France

Ensaf Haidar est l’épouse du célèbre blogueur saoudien, Raïf Badawi qui a tant fait parler de lui début janvier lorsqu’il a subi une première séance de 50 coups de flagellation. Le jeune homme a été condamné le 7 mai 2014 à dix ans de prison, 260 000 euros d’amende, et 1000 coups de fouet pour insultes à l’islam sur son site internet « Free saudi Liberals ». Aujourd’hui Ensaf Haidar mène une campagne sur le Net et les réseaux sociaux pour le sauver.

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Avec notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez

Elle est femme, épouse, mais aussi maman de trois jeunes enfants de 8 à 12 ans. Tous les quatre vivent depuis un an et demi à Sherbrooke au Canada. Si Ensaf se bat comme une lionne c’est pour ses enfants et Raïf. Sur ses comptes twitter et Facebook, la jeune femme informe au quotidien des évènements de solidarité organisés partout dans le monde. Après une tournée Oslo puis Berlin, Ensaf Haidar sera le 29 mai prochain à Paris où elle participera à une conférence de presse organisée par Amnesty international et Reporters Sans Frontières. Une conférence intitulée « Arabie Saoudite : liberté d’expression bâillonnée».

Raïf Badawi est toujours emprisonné à Jeddah et son cas est loin d’être réglé. C’est la raison pour laquelle Ensaf multiplie les interventions sur le terrain et maintient la pression sur le net. Dans une interview accordée à une chaîne de télévision norvégienne cette semaine Ensaf Haidar rappelle son intérêt pour les réseaux sociaux lui ont permis et continuent encore aujourd’hui de faire connaître rapidement au monde entier la situation de son mari.

Une lueur d’espoir pour Raïf Badawi ?

Elle anime avec Amnesty au Canada une plateforme sur internet. On se souvient qu’en janvier dernier grâce à une mobilisation internationale, particulièrement active sur les réseaux sociaux, les séances de flagellation ont été interrompues après le 9 janvier, jour où Raïf Badawi avait subi 50 coups de fouet. Mais sa situation n’est pas pour autant réglée. Il pourrait être une nouvelle fois jugé pour apostasie, abandon de sa religion, un crime passible de la peine de mort en Arabie Saoudite.

La porte-parole d'Amnesty International Canada pense que Raïf Badawi pourrait être libéré parce que l'Arabie Saoudite a fait savoir qu’elle briguait la présidence du Comité des droits de l'homme aux Nations unies. Et d’ajouter que si l'Arabie Saoudite veut obtenir ce poste, « elle devra démontrer une bonne volonté et être un exemple pour le reste du monde ». Mais il convient rester de prudent en attendant confirmation d'une libération.

► Le livre de Raïf Badawi, « 1000 coups de fouet parce que j’ai osé parler », sorti début avril en Allemagne, paraîtra en France le 4 juin aux éditions KERO.

Ensaf Haidar, l’épouse de Raif Badawi, et ses deux filles, dans leur appartement à Sherbrooke, au Québec.
Ensaf Haidar, l’épouse de Raif Badawi, et ses deux filles, dans leur appartement à Sherbrooke, au Québec. © Frédéric Guiro

 

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