Syrie

Syrie: les enjeux stratégiques de la prise de Palmyre

Les islamistes du groupe EI ont désormais, avec Palmyre, une base d'opération dans cette région désertique.
Les islamistes du groupe EI ont désormais, avec Palmyre, une base d'opération dans cette région désertique. REUTERS/Mohamed Azakir

La conquête de la ville de Palmyre par les combattants jihadistes est une victoire importante pour l'organisation Etat islamique et une défaite cinglante pour l'armée de Bachar el-Assad. Une victoire aux implications stratégiques et territoriales importantes, même si en terme de population, elle ne change pas grand chose.

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Avec la prise de Palmyre, l’organisation de l’Etat islamique contrôle désormais environ 40% du territoire syrien, selon Fabrice Balanche, professeur à l’Université Lyon 2 et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.

Mais ce territoire est majoritairement désertique. La Syrie dite « utile » reste entre les mains du régime de Bachar el-Assad, et, dans une moindre mesure, entre celles du Front al-Nosra, qui contrôle entre autre Alep et sa région. Pourtant, c’est bien là une victoire stratégique.

En tenant cette ville classée au patrimoine mondiale de l’humanité par l’Unesco, l’organisation terroriste bénéficie d’une continuité sur les territoires conquis en Irak (notamment la province d'al-Anbar), ce qui permet d’ouvrir des routes notamment vers Ramadi, l’autre grande conquête de l’organisation Etat islamique cette semaine.

« La route Raqqa-Mossoul est aujourd'hui sous le feu des Kurdes, sous le feu de la coalition internationale, donc c'est plus difficile pour l'Etat islamique de communiquer entre le fief irakien et le fief syrien. Ca lui ouvre de nouvelles perspectives », analyse Fabrice Balanche.

Par ailleurs, grâce à la prise de Palmyre, les jihadistes détiennent désormais une base dans cette région désertique d’où ils pourront lancer des offensives contre Homs et Damas. L’organisation terroriste a également mis la main sur les champs gaziers de la région. Or, les centrales électriques de Damas et de Homs dépendent de ce gaz.

Enfin, selon Fabrice Balanche, en conquérant Palmyre, l’organisation de l’Etat islamique prend une revanche sur sa défaite à Kobané et s’affirme un peu plus comme le leader de la rébellion syrienne.

RFI

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