Egypte

Attaques meurtrières dans le Sinaï contre des positions de l'armée

Checkpoint de l'armée à Arish, dans le Nord-Sinaï, le 15 juillet 2013 (Photo d'illustration).
Checkpoint de l'armée à Arish, dans le Nord-Sinaï, le 15 juillet 2013 (Photo d'illustration). REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une série d'attaques d'une ampleur inédite dans le Sinaï égyptien. Selon le porte-parole de l'armée égyptienne, 17 militaires ont été tués et 13 blessés et une centaine de terroristes tués. Cinq positions de l'armée ont été simultanément prises pour cible. Le groupe jihadiste la Province du Sinaï, ex Ansar Beit al-Maqdess, lié à l'organisation Etat islamique a revendiqué ces attaques. C'est l'une des attaques les plus meurtrières contre les militaires égyptiens dans la région.

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Cinq positions de l’armée égyptienne, aux alentours de la ville de Cheikh Zoweid près de la frontière avec la bande palestinienne de Gaza, ont été simultanément attaquées ce mercredi 1er juillet par une centaine de jihadistes, comme le rapporte notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Les agresseurs étaient à bord de camionnettes ou de 4x4. Ils étaient armés de lance-roquettes, de mitrailleuses anti-aériennes et d’armes automatiques.

Selon un porte-parole militaire, une bataille rangée s’est alors engagée et les agresseurs ont pris la fuite avec l’arrivée des renforts de l’armée. Des combats se poursuivaient néanmoins mercredi en fin d'après-midi. Cette riposte des forces de l'ordre est sans précédent. Hélicoptères d’attaque Apache, chars de combats et blindés quadrillent la région. Et fait rarissime, l’aviation a pris part aux combats et a bombardé des positions jihadistes.

Les groupes jihadistes du Sinaï de plus en plus puissants

Cette attaque sophistiquée des jihadistes intervient après neuf mois de relative accalmie dans le Sinaï et au lendemain de la seconde commémoration du soulèvement populaire contre l’ex-président Frère musulman Mohamed Morsi et sa destitution le 3 juillet 2013.

Elle démontre une fois de plus que les groupes jihadistes du Sinaï continuent de monter en puissance face à l'armée égyptienne. Dans cette région défavorisée, la lutte contre le pouvoir égyptien prend désormais des allures de guérilla et d'insurrection permanente. Quant au principal groupe jihadiste de la région, la Province du Sinaï, ex Ansar Beit al-Maqdess, il ne cesse de gagner des partisans, attirés par sa puissance de feu et par son affiliation récente à l'organisation de l'Etat islamique.

Un désaveu pour le président égyptien

Cela fait pourtant deux ans que le pouvoir égyptien, s'emploie par tous les moyens à rétablir l'ordre dans la région en augmentant les effectifs déployés sur place et en utilisant tout l'arsenal dont l'armée dispose.

Pour le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, cet échec est un désaveu cinglant, car l'homme qui a destitué Mohamed Morsi a toujours fait de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme son principal argument pour justifier son arrivée puis son maintien au pouvoir.

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