Yémen

Yémen: l’ONU décrète l'urgence humanitaire maximale

Des fillettes attendent une ration de nourriture devant un centre de distribution alimentaire à Sanaa, la capitale, le 1er juillet 2015.
Des fillettes attendent une ration de nourriture devant un centre de distribution alimentaire à Sanaa, la capitale, le 1er juillet 2015. REUTERS/Khaled Abdullah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

De nouveaux affrontements à Aden, la grande ville portuaire du Yémen, ont fait plus de 12 morts. Les combats opposent toujours les rebelles houthis venus du Nord aux forces loyalistes qui les affrontent avec le soutien de l'Arabie saoudite. Les combats continuent et pendant ce temps, la situation des civils se dégrade. Ce jeudi, l'ONU a décidé de déclarer l'urgence humanitaire maximale pour le Yémen.

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Après la Syrie, l'Irak et le Sud-Soudan, le Yémen devient le quatrième pays à atteindre le niveau 3 de l'urgence humanitaire, le plus élevé, fixé par les Nations unies. Sur place, la situation ne cesse d'empirer pour la population victime des combats de rue, des bombardements et du blocus de la coalition emmenée par l'Arabie saoudite. Un blocus dont les ONG internationales, qui ne parviennent pas à acheminer l'aide nécessaire aux civils, réclament la levée.

Les populations citadines ont en effet de plus de plus de mal à se nourrir. Dans les zones rurales, c'est l'accès aux soins qui fait défaut. Pour Julien Harneis, le défi le plus important pour le moment est le manque de carburant. Car sans carburant, pas d’électricité, l’eau ne peut être transportée, les systèmes d’adduction d’eau et la chaîne du froid ne peuvent fonctionner et les personnes ne peuvent pas se déplacer. « Une trêve humanitaire nous permettrait d’apporter plus de soutien à la population, explique-t-il, mais la situation va s’aggraver avec la continuation des combats, avec les difficulté de faire venir du carburant à l’intérieur du pays et d’autres produits. »

La situation est particulièrement inquiétante dans la ville d'Aden avec l'apparition de maladies, le manque de vivres et de médicaments. Julien Harneis, le représentant de l'Unicef au Yémen, estime qu’« avec plus d’un million de déplacés à travers le pays, une épidémie de dengue à Aden et les combats qui continuent à travers le pays, la situation est catastrophique. »

Les enfants, premières victimes

Pour les enfants, la situation est particulièrement « atroce », estime l’Unicef. « Il y a une série de problématiques de santé qui s’aggravent soit parce que les services de santé ne peuvent pas fonctionner correctement faute de moyens, ou que la population ne peut accéder aux centres de santé à cause des combats et de la pénurie de carburants », explique Julien Harneis. Il évoque aussi le problème de la malnutrition et de la vaccination qui ne fonctionne pas à travers le pays. Il signale une augmentation du nombre d’enfants qui meurent victimes de diarrhées et craint une épidémie de rougeole.

Pour faire face à cette situation, l'ONU réclame en vain depuis le début du ramadan, il y a deux semaines, l'instauration d'une trêve humanitaire. Selon les Nations unies, plus de 20 millions de Yéménites ont besoin d'assistance humanitaire. Cela représente 80 % de la population du pays.

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