Etats-Unis/Turquie

Lutte contre EI: un accord militaire Etats-Unis-Turquie en négociation

En plein désert, des réfugiés venus de Syrie attendent l'autorisation d'entrer en Turquie, près d'Akçakale, le 11 juin 2015.
En plein désert, des réfugiés venus de Syrie attendent l'autorisation d'entrer en Turquie, près d'Akçakale, le 11 juin 2015. REUTERS/Osman Orsal
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors que l'Otan apporte un soutien symbolique à la Turquie dans sa double offensive contre l'EI et le PKK, Washington et Ankara mettent la dernière main à un accord qui va permettre aux avions américains d'utiliser les bases militaires turques dans la guerre contre le groupe Etat islamique.

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Washington attendait le feu vert d'Ankara depuis des mois. L'utilisation des bases turques par les appareils qui mènent les raids contre le groupe Etat islamique, ne se fera pas sans contreparties, nous explique notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Sans vouloir donner de détails sur le nombre de bases aériennes turques qui seront accessibles aux appareils américains, le département d'Etat insiste sur les avantages que présente cet accord en cours de finalisation : une distance réduite pour les avions américains, plus de mobilité, donc plus de bombardements, et une meilleure surveillance des mouvements en territoire syrien.

Des avantages stratégiques

Sur le plan stratégique, cela pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre l’organisation Etat islamique. Selon l’ancien haut-fonctionnaire au ministère de la Défense Pierre Conesa, la mise à disposition des bases aériennes turques à l’aviation américaine va lui permettre plus de réactivité. « Les frappes aériennes auront à parcourir des distances beaucoup moins longues qu’auparavant », a expliqué ce spécialiste à RFI. En effet, jusqu’à présent, « l’essentiel des forces aériennes de l’Alliance partaient du Golfe persique ou de bases situées dans le sud du pays », indique-t-il. Or les bases turques qui ont été ouvertes sont des bases qui sont pour l’essentiel situées dans l’est du pays.
En outre, « les missions vont devenir plus courtes, donc on peut plus facilement voir l’évaluation des dégâts, cibler des objectifs en mouvement, etc. Cela donne beaucoup plus de souplesse à l’intervention », poursuit le spécialiste. « Si vous avez un objectif en mouvement mais que vous devez envoyer une escouade qui décolle du sud de la région, vous avez automatiquement un risque de perte de l’objectif, ce qui est moins risqué quand vous décollez d’une zone qui est beaucoup plus proche », précise-t-il. Et de conclure « l’ouverture des bases aériennes turques représente « la possibilité d’avoir une action plus efficace, plus rapide, plus coercitive ».

Prochaine offensive de la coalition

L'une des personnes en charge de cette stratégie annonce par ailleurs une prochaine offensive de la coalition sur la dernière portion de la frontière entre la Turquie et la Syrie toujours contrôlée par le mouvement jihadiste. Un segment d'environ 90 km, que le Pentagone veut « nettoyer », précise notre correspondante.

Le département d'Etat a aussi renouvelé mardi, à l'instar des pays membres de l'Otan, son soutien aux bombardements turcs contre les Kurdes du PKK. Les deux évènements ne sont pas liés insiste une source proche du dossier.

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