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Syrie

Un responsable turkmène confirme la présence de soldats turcs en Syrie

Un milicien turkmène dans le district d'Alep en janvier 2013.
Un milicien turkmène dans le district d'Alep en janvier 2013. AFP PHOTO/JM LOPEZ
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Ankara dément, mais des informations indiquent que jusqu’à 600 soldats turcs se seraient joints à des combattants turkmènes et déployés dans le nord de la Syrie depuis lundi soir. Celui qui avance ce chiffre n’est autre que le porte-parole d’une milice turkmène, récemment créée sous la houlette d’Ankara. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a d’ailleurs évoqué hier, dans une interview télévisée, la possibilité de déployer des troupes au sol pour se défendre.

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La présence de soldats ou d’agents des services de renseignements turcs est attestée par de multiples témoignages sur place : villageois, journalistes et responsables kurdes, affirme notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion. RFI tient cette information d’un membre du groupe armé islamiste Ahrar-ul-Sham, allié d’Ankara. Lui-même ethniquement turkmène, il est en faction au poste frontière emprunté lundi par les combattants membres d'une milice turkmène entrant en Syrie.

La participation turque à cette milice, fondée discrètement en Turquie il y a deux semaines, s’explique, ne serait-ce que par l’aide que la Turquie peut lui apporter pour utiliser le matériel et l’armement qui lui ont été fournis. Des chars, un équipement sophistiqué donc, font partie de la dotation. La présence sporadique des Turkmènes tout au long de la frontière turco-syrienne en fait des alliés naturels de la Turquie parce qu’ils sont turcophones et réclament depuis longtemps le soutien d’Ankara.

Dette historique

Cette assistance, présentée comme une dette historique en raison de leur ascendance ottomane, a d’ailleurs été défendue l’an dernier par les dirigeants turcs quand des cargaisons d’armes en route vers la Syrie avaient été saisies. Jusque-là seulement organisés en groupes d’autodéfense locaux, ces Turkmènes deviennent ainsi le bras armé d’Ankara pour sécuriser une zone protégée entre Alep et la frontière, afin d’y renforcer les groupes rebelles modérés et en tenir les Kurdes éloignés.

En dépit de ces informations, confirmées par de nombreuses sources, Ankara continue de démentir, et dément avoir envoyé des troupes en territoire syrien dans le secteur où elle veut instaurer « une zone de sécurité ». Située au nord de la Turquie, celle-ci doit doit permettre, selon Ankara, d'y établir la rébellion syrienne modérée, soutenue par une partie de la communauté internationale, ainsi que les réfugiés syriens actuellement installés en Turquie.

« Ce sont des spéculations »

« Je peux vous assurer qu'il n'y pas un seul soldat turc du côté syrien, affirme ainsi Cemalettin Hashimi, porte-parole du gouvernement turc actuellement de passage à Paris. Avant d'insister : ce sont des spéculations, il n'y en a pas un seul. Et nous avons pris le soin de ne pas mener d'actions unilatérales, tant qu'il n'y a pas de menace immédiate. »

Selon Cemalettin Hashimi, « le problème en Syrie ne peut pas être réglé par un ou deux pays. Il faut une stratégie globale. Et je fais référence au Conseil de sécurité des Nations unies, à la communauté internationale, et à une plus grande implication de l'Union européenne. »

A un certain moment, il y aura besoin d'utiliser des interventions sur terre pour essayer de matérialiser ce qui a été acquis avec les bombardements

Samir Al Taqi

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