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Migrants

Le père d'Aylan: «Mes enfants m'ont glissé des mains»

Abdullah Kurdi, père du petit Aylan, effondré à la sortie de la morgue à Mugla, en Turquie.
Abdullah Kurdi, père du petit Aylan, effondré à la sortie de la morgue à Mugla, en Turquie. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La photo du petit Syrien de trois ans, retrouvé mort échoué sur une plage turque, suscite de nombreuses réactions depuis mercredi. Le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont appelé jeudi l'Europe à s'organiser afin de répartir l'accueil des migrants. Une réaction européenne attendue, car l'histoire d'Aylan est un peu l'histoire de tous les migrants syriens depuis plusieurs années.

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Aylan Kurdi, trois ans, n'aura connu que la guerre et l'exode, avant de mourir noyé au large de la Turquie. A sa naissance, son pays, la Syrie, est déjà en guerre. Sa famille quitte Damas pour Alep, pour fuir les combats. Mais les violences atteignent la deuxième ville du pays. Alors la famille d'Aylan fuit à nouveau, vers Kobane, à la frontière turque.

Jusqu'à l'année dernière, Aylan, ses parents et son frère tentent d'échapper aux violents combats entre les jihadistes et les résistants kurdes. La famille décide de tenter sa chance au Canada [lire ci-dessous], où l'une de leurs tantes est installée. Mais leur statut de réfugié est rejeté.

Alors, comme des milliers d'autres Syriens, ils décident de rejoindre l'Europe par la mer. La famille tente une première fois de rallier la Grèce par bateau, mais ce dernier est intercepté par les gardes-côtes. Retour à Bodrum, en Turquie. C'est de là que le 2 septembre, ils montent tous les quatre dans une petite embarcation en direction de l'île grecque de Kos, avec une douzaine d'autres Syriens.

Le bateau chavire, Aylan, son frère et sa mère se noient. « Mes enfants m'ont glissé des mains », raconte Abdullah Kurdi, le père de famille, qui a pu nager jusqu'à la côte.


La tragédie s'invite dans la campagne électorale canadienne

Au Canada, l’émoi suscité autour de la tragique photo du petit Aylan a pris une grande place dans la campagne électorale. Sa tante, Fatima Kurdi, a tenté d’aider d’autres membres de la famille à gagner le Canada, mais en vain, car la demande manquait de documents. Pour l’opposition en campagne, il faut que le gouvernement s’engage davantage dans l’aide aux réfugiés.

Avec notre correspondante à Montréal Pascale Guéricolas

La voix brisée par l’émotion, la tante d’Aylan Kurdi a raconté à la presse canadienne ses efforts pour tenter d’accueillir des membres de sa famille syrienne au Canada. Avec ses voisins et ses amis, cette habitante de Vancouver, dans l’ouest du pays, née en Syrie, a réuni l’argent nécessaire pour faire vivre cinq personnes pendant un an.

Pour sa demande de parrainage en mars dernier, Fatima a privilégié son frère aîné Mohamed, et non Abdhullah, le père d’Aylan, car ses enfants n’ont pas fréquenté l’école durant trois ans. En juin, le Canada a refusé d’accueillir cette famille syrienne, qui ne disposait pas du statut de réfugié délivré par la Turquie où ils résidaient.

Pour l’opposition, le Canada doit absolument assouplir ses règles et offrir assistance à plus de réfugiés. Environ 1 500 personnes seulement sont arrivées depuis un an et demi, alors que le gouvernement s’engage à en accueillir 10 000 d’ici trois ans. Pour le Premier ministre Stephen Harper, il faut aussi impérativement s’en prendre à l’organisation Etat islamique pour protéger les populations de cette région. L’histoire tragique du jeune Aylan va peut-être avoir des répercussions sur la façon dont le Canada s’implique en Syrie et en Irak.

Tima Kurdi, soeur du père d'Aylan, lors d'une conférence de presse devant sa maison à Coquitlam, en Colombie britannique, le 3 septembre 2015.
Tima Kurdi, soeur du père d'Aylan, lors d'une conférence de presse devant sa maison à Coquitlam, en Colombie britannique, le 3 septembre 2015. REUTERS/Ben Nelms

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