France / Syrie

Vers une intervention militaire française contre l'EI en Syrie?

Les raids de l'aviation française se concentreraient sur les zones totalement occupées par le groupe EI.
Les raids de l'aviation française se concentreraient sur les zones totalement occupées par le groupe EI. JEAN-LUC BRUNET/AFP

Selon le journal Le Monde, la France envisage de frapper l'organisation Etat islamique en Syrie. Paris fournit déjà des armes aux « rebelles modérés » syriens, mais le président François Hollande s'oriente vers une action plus directe : des frappes aériennes sur les territoires totalement occupés par le groupe Etat islamique.

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La question de combattre le groupe Etat islamique en Syrie a été abordée lors d’un conseil restreint de défense vendredi, révèle le journal Le Monde. Jusqu'à présent, la France n'était qu'un coéquipier dans la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis et sa participation se limitait à une campagne aérienne en Irak. Mais l'afflux de réfugiés syriens, l'échec de la coalition et la possible présence de militaires russes pourraient bien faire changer la stratégie française.

De hauts responsables expliquent que si la France est en mesure d’opérer efficacement, il serait plus difficile d’effectuer des raids sans dommages collatéraux. Les avions français se concentreraient donc essentiellement sur les territoires syriens totalement occupés par le groupe Etat islamique, pour frapper ses centres de commandement et de logistique.

Ce n’est pas la première fois que la France envisage d’intervenir militairement en Syrie. En août 2013, déjà, elle était prête à recourir à la manière forte avec l’appui des Etats-Unis, jusqu’à ce que le président Barack Obama change finalement d’avis. Mais depuis la mise en place de la coalition internationale, Paris refuse de prendre position entre Bachar el-Assad et le groupe Etat islamique, se contentant de livrer des armes aux rebelles modérés.

Interrogée par RFI, la journaliste franco-syrienne Hala Kodmani reste prudente. « On attendra d’en savoir plus, on demandera des résultats avant de porter la moindre opinion là-dessus », dit-elle. Elle est néanmoins certaine d’une chose : « frapper simplement par les airs les positions du groupe Etat islamique ne suffira jamais ». Pour Hala Kodmani, le plus important est de savoir qui, au sol, va prendre le contrôle de territoires éventuellement conquis contre l’organisation terroriste. « Ce sont les forces de l’opposition syrienne sur le terrain qui doivent prendre le relais », affirme-t-elle. François Hollande devrait préciser sa position, lundi, lors de sa conférence de rentrée.

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