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Syrie / Etats-Unis

Syrie: du matériel militaire américain au front al-Nosra

Les rebelles syriens posent devant les caméras, armes à la main, pour fêter la prise de la ville de Jisr al-Choughour, le 25 avril 2015.
Les rebelles syriens posent devant les caméras, armes à la main, pour fêter la prise de la ville de Jisr al-Choughour, le 25 avril 2015. REUTERS/Ammar Abdullah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Selon le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (CentCom), certains rebelles syriens formés par les Etats-Unis ont remis une partie de leur équipement et de leurs munitions au Front al-Nosra, qui est la branche syrienne d'al-Qaïda. Du coup, les questions se font nombreuses sur le programme américain de formation de la rébellion syrienne.

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Les rebelles syriens ont indiqué à l'armée américaine qu'ils avaient remis « six pick-ups et une partie de leurs munitions à un intermédiaire soupçonné d'appartenir au Front al-Nosra, soit à peu près 25 % de leur équipement », apparemment « en échange de leur passage », a indiqué le CentCom dans un communiqué.

S'il est confirmé, ce comportement « est très préoccupant et constitue une violation des règles » du programme de formation des New Syrian forces (NSF, Nouvelles forces syriennes), a indiqué le colonel Patrick Ryder, un porte-parole du Centcom.

Selon un responsable américain interrogé par l'AFP, il n'y pas eu de défection de combattants vers le Front al-Nosra. Mais « nous ne savons que ce qu'ils nous disent », a-t-il ajouté. L'épisode marque un nouveau coup pour la crédibilité de ce programme lancé par les Etats-Unis au début de l'année.

L'administration américaine réfléchit à la réforme de son programme de formation

Il était censé former et équiper environ 5 000 rebelles par an pendant trois ans, pour se battre en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI). Mais il n'a pour l'instant (depuis mai 2015) permis que de former deux groupes de 54 et 70 combattants, selon les chiffres du Pentagone. Un premier groupe de 54 combattants avait rejoint la Syrie en juillet, mais seuls une dizaine d'entre eux étaient réellement sur le terrain la semaine dernière, selon le Pentagone. Le deuxième groupe est entré en Syrie la semaine dernière.

Le Pentagone avait dû démentir cette semaine qu'une partie d'entre eux avaient rejoint al-Nosra, comme l'affirmaient des informations circulant sur des réseaux sociaux. Le Pentagone avait affirmé par la même occasion que « toutes les armes et tous les équipements » remis à ces rebelles étaient sous leur contrôle, une affirmation sur laquelle il est obligé aujourd'hui de revenir.

Le programme a été handicapé notamment par le filtrage drastique des candidats opérés par les Américains. Beaucoup d'experts estiment aussi que la volonté de Washington de limiter le champ d'action des rebelles à la lutte contre le groupe Etat islamique a découragé beaucoup de recrues potentielles. L'administration américaine est en train de réfléchir à la réforme du programme, pour lequel le Congrès avait débloqué 500 millions de dollars cette année.

(avec AFP)

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