Russie / Syrie

Syrie: où est passée la «rébellion modérée»?

Des rebelles syriens dans les ruines d'Alep.
Des rebelles syriens dans les ruines d'Alep. AFP PHOTO / ALEPPO MEDIA CENTRE / ZEIN AL-RIFAI

La Russie affirme que son principal objectif en Syrie est de frapper le groupe Etat islamique et annonce ce matin de nouveaux bombardements. De son côté, la Grande-Bretagne estime que seuls 5% des raids de l'aviation russe ces derniers jours ont visé des positions du groupe jihadiste radical. Cette polémique sur les cibles visées par l'armée russe révèle une fois de plus que la rébellion syrienne est multiple et divisée, un casse-tête pour ceux qui prétendent soutenir une « rébellion modérée ».

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Lorsque la Russie affirme bombarder le groupe Etat islamique en Syrie, elle adopte de fait la même cible que la coalition internationale qui vise depuis plus d'un an ce groupe armé radical, implanté en Syrie et en Irak.

Là où les choses se compliquent, c'est lorsque l'aviation russe bombarde d'autres mouvements, notamment ceux qui sont implantés dans le nord-ouest de la Syrie, d'où ils menacent Lattaquié, l'un des bastions du régime de Bachar al-Assad.

Dans cette région, c'est une coalition rebelle, « l'Armée de la Conquête », qui est à l'offensive et qui a gagné du terrain ces derniers mois dans la région d'Idleb. Cette coalition englobe des mouvements islamistes soutenus par les pays du Golfe mais aussi le Front al-Nosra, c'est-à-dire la branche syrienne d’al-Qaïda, un groupe classé comme « terroriste » de Washington à Ryad en passant par l'Union européenne.

Embarras

Cette réalité du terrain est embarrassante pour les Occidentaux, car elle révèle la quasi-disparition de la fameuse « rébellion modérée » qu'ils ont soutenue ces dernières années. Les Etats-Unis ont ainsi suspendu fin septembre 2015 leur programme d'entraînement des rebelles syriens.

La montée des radicaux - et pas seulement du groupe Etat islamique - permet à la Russie comme à l'Iran d'alimenter leur discours de soutien à Bachar el-Assad, présenté comme le « seul rempart » contre le terrorisme.

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