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Russie / Syrie / Turquie

Intérêts économiques russes en Turquie: la mise en garde d'Erdogan

Texte par : RFI Suivre
2 min

L'armée syrienne a annoncé officiellement le lancement d'une offensive terrestre majeure avec le soutien des bombardements de la Russie. Un engagement russe qui inquiète l'Otan et qui crée des tensions entre Moscou et Ankara d’autant que la Turquie est un voisin direct de la Syrie. Les relations économiques russo-turques pourraient d'ailleurs en pâtir. C'est ce que laisse entendre Recep Tayyip Erdogan. Le président turc a rappelé à la Russie ses intérêts commerciaux en Turquie et lui a conseillé de ne pas les perdre.

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Les frappes aériennes russes appuient à partir d'aujourd’hui une offensive terrestre de l'armée syrienne. Une offensive menée contre les rebelles qui tiennent la plaine stratégique de Sahl al-Ghab dans le nord-ouest du pays, précise l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Violation de l'espace aérien turc

Face aux critiques qui l'accusent de combattre essentiellement les rebelles syriens, ennemis du régime de Bachar al-Assad, Moscou affirme frapper le groupe Etat islamique en Syrie. Une stratégie confirmée par Damas. Le chef d'Etat major de l'armée syrienne a affirmé que les frappes de l'allié russe ont permis d'affaiblir l'organisation Etat islamique.

Dans le cadre de ses interventions en Syrie, la Russie a violé -selon la Turquie- à deux reprises, l'espace aérien turc. L'intervention militaire russe en Syrie pourrait perturber les relations économiques avec la Turquie. C'est en tout cas ce que laisse entendre, ce jeudi, Recep Tayyip Erdogan. Le président turc a rappelé à la Russie ses intérêts commerciaux en Turquie et lui a conseillé de ne pas les perdre.

Nucléaire et gaz naturel

La Russie y est notamment implantée dans le secteur énergétique. C'est elle qui construit la première centrale nucléaire de la Turquie, un projet d'une valeur de 19 milliards d'euros. Mais Recep Tayyip Erdogan met Moscou en garde : « si les Russes ne construisent pas cette centrale, alors d'autres viendront le faire ». Et il n'est pas question pour le chef de l'Etat turc de tendre la main à la Russie : il précise qu'elle a déjà investi plus de deux milliards et demi d'euros dans le projet. Pour Ankara, « c'est donc à Moscou d'agir avec plus d'attention ».

La Turquie est aussi un débouché pour le gaz naturel russe. Elle est certes dépendante de Moscou en la matière puisque la moitié du gaz qu'elle consomme est russe. Mais Recep Tayyip Erdogan n'hésite pas à menacer Moscou de se tourner vers la concurrence, affirmant en être aussi le premier client. Et c'est aussi par la Turquie que doit à l'avenir transiter un nouveau gazoduc vers l'Europe, une voie de substitution pour éviter l'Ukraine. Mais le projet Turkish Stream n'avance pas. Jusqu'à présent les autorités russes mettent ces retards sur le compte du contexte politique intérieur turc. Mais le mois dernier Ankara évoquait déjà « un manque de confiance mutuelle ».

► à (ré)écouter : La Turquie devient un grand pays de transit du gaz (Chronique des matières premières de mars 2015)

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